Sélection de livres et romans

L'Egypte - Destination de rêve

L'Egypte - Destination de rêve

Christian Leblanc, la mémoire de Thèbes

Comment présenter Christian Leblanc sans que les qualificatifs ne soient trop admiratifs, ou bien encore trop élogieux ? Docteur Leblanc ! Que son nom soit prononcé en français, ou dans une prononciation anglo-arabisée mâtinée de l’accent de Gournah qui donne approximativement “doctor leblo”, il est toujours prononcé avec un immense respect et une non moins grande reconnaissance.
De la reconnaissance pour l’immense travail qu’il mène, depuis 42 ans, sur les sites de l’ancienne Thèbes sur lesquels il emploie des Gournaouis, pour ses immenses connaissances, pour la gentillesse et la simplicité avec lesquelles il les partage, pour son écoute, sa pédagogie, sa disponibilité...

Christian leblanc - Photo de Christian Leblanc © Marie GrillotUn homme de qualité… Plus qu’un Français vivant en Égypte, plus qu’un Égyptien doté de la nationalité française, il conjugue les deux dans un métissage unique et beau, qui fait sa personnalité et qu’il a "consacré" par ses deux familles : celle qui l’a vu naître et celle qu’il a adoptée.
Depuis plus de quatre décennies, il partage sa vie entre les deux pays. Il aurait pu se "contenter" d’être le grand égyptologue qu’il est. De dévoiler la Vallée des Reines, de reconstituer le Ramesseum, de restaurer la tombe de Ramsès II, d’écrire nombre de livres érudits, de fournir de nombreuses contributions scientifiques, de donner de multiples conférences devant un public toujours conquis et séduit, d’accueillir des groupes sur ses chantiers et de leur livrer les clés de l’histoire des pharaons… Mais depuis 40 ans, il est beaucoup plus que cela ! Il est le témoin avisé et attentif de la vie égyptienne, le témoin de la vie politique et de la vie quotidienne, avec ses rites et ses traditions… Du Nouvel Empire - et même avant - jusqu'à la période actuelle, rien de ce qui touche l’Égypte ne lui est étranger.

Il a rassemblé ses souvenirs - une belle somme de beaux souvenirs - dans "La mémoire de Thèbes", son dernier ouvrage qui vient de paraître chez L’Harmattan (octobre 2015, 464 pages).
Un livre personnel et riche, émouvant et fort, instructif et savant, à savourer, à aimer, à lire, à relire, et qui touchera chaque amoureux de l’Égypte.

Christian Leblanc est actuellement sur le site du Ramesseum, sur la rive ouest de Louqsor, où la mission a commencé début octobre. Inutile de préciser que sur les 10 hectares que couvre le chantier, il a beaucoup à faire. Mais il a accepté de s'exprimer bientôt dans nos colonnes. Il répondra à nos questions comme : "Est-ce que le fait d’être quotidiennement avec des personnages qui ont vécu il y a plus de 3000 ans, avec des monuments, qui ont défié le temps - en fait de "fréquenter" l’éternité - fait acquérir une notion du temps toute particulière ?” ou bien encore : "Dans votre vie bien remplie d’égyptologue, vous avez connu de grandes émotions lors de belles découvertes : quels sont ces plus beaux moments ?"
Nous le retrouverons fin janvier. Mais en attendant, plongez-vous dès maintenant dans "La mémoire de Thèbes - Fragments d'Égypte d'hier et d'aujourd'hui" !
MG

Chroniques de la nécropole - L'Egypte vendue au tourisme de masse

Gournah, petit village de paysans égyptiens.

En décidant de raconter la vie et la mort du village de Gournah, Golo et sa compagne Dibou nous parlent de la vie quotidienne des habitants de ce village, du drame engendré par leur expulsion dans des maisons préfabriquées, de l’impuissance des pauvres gens face à la logique financière de l’état. Ils parlent aussi de leur histoire d’amour avec ce pays qui les fascine toujours autant.

Sélection de livres et romans Chroniques de la nécropole.

Loin des clichés des dépliants touristiques, Gournah, petit village de paysans égyptiens a été détruit en quelques années dans l'indifférence quasi-générale.

"Les chroniques de la Nécropole" c'est l'histoire d'un homme et d'une femme, Golo caricaturiste français installé en Egypte depuis près de 20 ans et Dibou qui a plaqué son boulot dans le marketing pour s'installer là-bas. Là-bas, c'est Gournah, non loin de Louxor, petit village de cette vallée où les nobles de l'ancienne Egypte sont enterrés.

Dans ce livre-témoignage, les auteurs dénoncent un tourisme de masse qui se fait aux dépends des habitants.

Ce roman graphique raconte le malaise égyptien avant le "printemps arabe". Généreux et édifiant.

Pourquoi ? Parce que ce journal de deux Français expatriés dans la vallée des Rois (Egypte) est aussi juste que généreux et attachant.

Mais encore... Le roman graphique raconte de l'intérieur comment un village-nécropole est sacrifié sur l'autel du tourisme. Les chroniques, qui s'étalent sur quinze ans, prennent le pouls du malaise égyptien avant le "printemps arabe". Edifiant.

Sources : Arte - L'Express

AUGUSTE MARIETTE, par Amandine Marshall, présentation de Christian Leblanc, préface d'Aly Maher el-Sayed.

 

Auguste Marierre

"LIVRE SOLIDAIRE"

Considéré avec Jean-François Champollion, comme l'un des pères de l'égyptologie, Auguste Mariette demeure néanmoins relativement méconnu du grand public. Pourtant il est à l'origine de la première grande découverte archéologique en Egypte puisque c'est lui qui exhuma des sables de Saqqara l'antique Sérapéum, la nécropole des taureaux sacrés Apis. Amandine Marshall est égyptologue, membre de la MAFTO (Mission archéologique française de Thèbes Ouest) et membre associée au CNRS de Lille 3. Elle a passé une année entière à Boulogne-sur-Mer, ville dont Auguste Mariette est originaire, pour faire des recherches sur cette célébrité locale, au caractère fort et souvent difficile, pourtant teinté d'espièglerie jusqu'à ses derniers jours. Amandine Marshall est également chargée de cours à l'Association Papyrus. Editions "Bibliothèque des Introuvables"

Amandine a la gentillesse de nous faire une proposition bien sympathique : Pour tout achat de son livre par l'intermmédiaire de Dominique MORLAAS BARO membre de l"association "les enfants de Louxor", Amandine reversera 30% du prix à cette association.

Il n'y a pas d"envoi d'exemplaire, les livres sont à récupérer sur Lille. Si vous êtes intérressé contactez directement Dominique par Email : d.morlaasbaro@free.fr

Les Géants du Nil Tome 1 - La Marche d'Hatsouti - De Gérard HAMELIN

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Ramsès II est au sommet de sa gloire, des milliers d'ouvriers taillent la falaise pendant que les meilleurs sculpteurs façonnent les géants du Nil à l'effigie de Pharaon sur le site d'Abou Simbel. Hatsouti, un jeune Nubien, quitte son village après la mort de sa mère, Fama la conteuse, et rejoint le vaste chantier pour y trouver du travail. Curieux et débrouillard, il se lie d'amitié avec le scribe Mérytii. Grâce à son ami, il découvrira les rudiments de l'écriture, mais quand le scribe sera contraint de partir à Thèbes, la ville d'Amon ; Hatsouti sera du voyage.

Gérard

Il y rencontrera Tifet, fille d'artisan du village de Deir el-Médineh. Leur amour se heurtera à l'hostilité de la famille de la jeune fille et ils se retrouveront entraînés dans une aventure épique, poursuivis jusqu'aux confins du désert par une vengeance impitoyable. Qui n'a pas rêvé de cette civilisation perdue en revenant d'un voyage ? L'Egypte est fascinante, elle nous entraîne dans ses sables et ses tempêtes à la recherche de trésors imaginaires. Passionné depuis l'école primaire où je passais mes jeudis après-midi au Louvre à griffonner des hiéroglyphes, j'ai croisé les pas d'Hatsouti un soir de pleine lune sur les berges du Nil. Avec lui, je me suis laissé entraîner vers l'horizon où le soleil couchant embrase la Vallée des Rois, et j'ai vu, en fermant les yeux, se dessiner le destin de Tifet l'Egyptienne et Hatsouti le Nubien.

Publié aux Editions Terriciaé - Disponible chez l'Editeur ou à la Fnac.

La presse en parle.

Les Géants Du Nil Tome 2 - La Révolte D'irem - De Gérard Hamelin

Accusés de complicité de pillage de tombe et de meurtre, Hatsouti. le Nubien. et Tiret, l'Egyptienne, fuient pour échapper à leurs poursuivants. Ils n'auront d'autre choix que de se réfugier en Nubie, dans le village natal du jeune homme, espérant y trouver la paix pour élever leurs fils. Tabaâta. Cependant, les temps ont changé. les collecteurs d'impôts corrompus étranglent le pays d'Irem. la révolte gronde jusqu'à l'irréparable... Alors. le regard de Pharaon se tourne vers le Sud osant le défier! Les mercenaires fourbissent leurs armes et les roues des chars résonnent sur les quais de Thèbes, les rouages de l'administration s'emballent pour préparer l'expédition punitive. Qui n'a pas rêvé de cette civilisation perdue en revenant d'un voyage ? L'Egypte est fascinante. elle nous entraîne dans ses sables et ses tempêtes à la recherche de trésors imaginaires. Passionné depuis l'école primaire ou je passais mes jeudis après-midi au Lougre à griffonner des hiéroglyphes. j'ai croisé les pas d'Hatsouti un soir de pleine lune sur les berges du Nil. Avec lui. je me suis laissé entraîner vers l'horizon où le soleil couchant embrase la Vallée des Rois. et j'ai vu. en fermant les yeux, se dessiner le destin de Tiret l'Egyptienne et Hatsouti le Nubien.

Publié aux Editions Terriciaé - Disponible chez l'Editeur ou à la Fnac.

Les Géants Du Nil Tome 2

Voyages en Égypte et en Nubie de Giovanni Belzoni - Editions Tallandier

 Il a presque six pieds huit pouces de haut ; il est très vigoureux et sa puissance musculaire est extraordinaire, d'autre part il est très habile en mécanique et très ingénieux ; avec les moyens ordinaires, il peut déplacer des objets d'un volume considérable ; il est infatigable et s'intéresse à tout ce qu'il entreprend ; enfin, à toutes ces qualités, il faut ajouter qu'il a une intelligence très vive... »
C'est en ces termes qu'Henry Salt, consul général d'Angleterre en Egypte, présente Gian Battista Antonio Belzoni dont le nom demeure attaché à la mise au jour du temple d'Abou Simbel, à la découverte du tombeau de Séthi Ier ou au transport de l'obélisque de Philae et de la statue colossale de Ramsès II arrachée au Ramesseum.
Pionnier malgré lui de l'égyptologie, ce chercheur d'antiquités nous apparaît comme un aventurier hors du commun auquel la postérité a pardonné ses fouilles plus qu'approximatives dans la mesure où il fut l'un des premiers artisans de la résurrection de l'ancienne Egypte. Celui que ses contemporains surnommèrent le « Titan de Padoue » fit en effet découvrir au public londonien, puis parisien, les beautés qu'abritent les hypogées de la vallée des Rois. Dès 1820, il publie l'ouvrage, au titre extraordinairement long qui va asseoir pour longtemps sa renommée : Narrative of the operations and recent discoveries with the pyramids, temples tombs and excavations in Egypt and Nubia, and a journey to the coast of Red Sea, in search of the ancient Benenice, and another to the oasis of Jupiter Ammon, le tout en deux volumes complétés d'un atlas in folio. Les traductions s'échelonnent de 1821 à 1826, en France, en Allemagne, en Hollande et en Italie, suivies par une nouvelle édition en 1827. Un ouvrage de volume plus réduit est par ailleurs édité pour éclairer les visiteurs de l'exposition de Londres de 1822, et, seize ans plus tard, on distribue comme prix de fin d'année, aux meilleurs élèves, les Entretiens d'une mère avec ses enfants sur les voyages de Belzoni en Egypte et en Nubie. La gloire d’inventeur est alors définitivement établie bien qu'il ait disparu dès 1823, alors qu'il s'apprêtait à quitter pour Tombouctou les côtes du golfe de Guinée.
Fils d'un barbier de Padoue, Gian Battista est né en novembre 1778. Il a vingt ans quand les Français viennent, sous les ordres de Bonaparte, porter la guerre en Italie. Faute d'avoir pu se constituer un état dans son pays et soucieux d'échapper à une éventuelle conscription imposée par l'occupant, il gagne Londres en 1803 pour s'y employer comme hercule de cirque. Après de courts séjours au Portugal et en Espagne, il gagne Malte puis Alexandrie en 1815. Il espère vendre à Mehmet Ali, le pacha d'Egypte, une machine hydraulique, mais il doit y renoncer et se voit contraint de trouver un moyen de subsistance.
C'est alors que, au printemps 1816, l'explorateur suisse Johan Ludwig Burckhardt – qui travaille pour le compte de l'African Society londonienne – le présente à Henry Salt, une rencontre qui marque le début d'une collaboration très fructueuse pour le diplomate britannique, destinataire exclusif des nombreuses antiquités mises au jour par l'Italien au cours des années suivantes. Belzoni, qui ignore initialement l'arabe, finit par le pratiquer très correctement, mais il est souvent contraint de jouer de son imposante carrure pour s'imposer à ses interlocuteurs. Devenu familier de leurs us et coutumes, il sait obtenir d'eux ce qu'il en attend, notamment la fourniture de la main-d'œuvre nécessaire aux fouilles ou au transport des pièces les plus monumentales.
En 1816, il gagne Louxor, puis Philae et la seconde cataracte. L'année suivante, il entreprend le désensablement du grand temple d'Abou Simbel et découvre, dans la vallée des Rois, les tombes de Ramsès Ier et de Séthi Ier. A Giza, il pénètre en 1818 dans la pyramide de Chéphren. Reparti pour Louxor, il reconnaît la route joignant l'ancienne Thèbes à la cité de Bérénice établie sur les rives de la mer Rouge avant de transporter, l'année suivante, l'obélisque de Philae jusqu'au Caire. L'hostilité de Salt, qui entend se réserver la gloire des trouvailles effectuées, encourage pourtant le « Titan de Padoue » à regagner l'Europe pour y présenter les dessins figurant le décor de la tombe de Séthi Ier. Le succès rencontré à Londres et à Paris le conduit à se fixer un nouvel objectif : la découverte des sources du Niger. Mais arrivé sur les côtes africaines, l'aventurier succombe à la dysenterie en décembre 1823, à l'âge de quarante-cinq ans.

Source: Clio

L'Egypte d'hier en couleurs - Karkégi, Max - Solé, Robert - Editions du Chêne.

Un album de photographies et de cartes postales anciennes colorisées de la fin du XIXe siècle.
Cette exceptionnelle collection d'images en couleurs, imprimées au tout début du XXe siècle, est publiée pour la première fois. Le Caire, les pyramides, le Nil, Alexandrie, Suez, les premiers touristes... c'est une Égypte disparue, émouvante et féerique qui renaît au fil de ce très bel album.

L'Egypte d'hier en couleurs

Un voyage en Egypte - Au temps des derniers rois - Alain Blottière - Flammarion

Un somptueux cabriolet au pied des Pyramides, une felouque aménagée en yacht, des touristes en costume blanc coiffés d'un panama : quelques images d'un voyage en Égypte au temps de ses rois, Fouad et Farouk, dans la première moitié du XXe siècle.
L'époque voit naître ici le tourisme organisé à grande échelle, sous l'égide de Thomas Cook. Cinquante mille privilégiés empruntent chaque année ses bateaux pour effectuer la très courue croisière sur le Nil. Parmi les voyageurs, rares sont ceux qui ne se contentent pas de contempler les ruines. Rudyard Kipling, Jean Cocteau, André Gide et d'autres mesurent à quel point ces " années folles " égyptiennes sont fascinantes : dans un pays tourné vers l'Europe, " protégé " par l'armée britannique, une très singulière société s'épanouit au Caire et à Alexandrie.
Francophone, cosmopolite, avide de plaisirs en tous genres, elle semble vivre dans l'insouciance sur des sables mouvants. C'est l'Égypte du Quatuor d'Alexandrie de Laurence Durell, ou celle popularisée plus récemment par Robert Solé dans Le Tarbouche. Un monde d'une grande diversité, où voient le jour aussi bien Cavafy que Ungaretti, Albert Cossery que Taha Hussein, Youssef Chahine que Naguib Mahfouz, Oum Khalsoum que Dalida.
Sur ce voyage et sur ce monde, nous possédons de nombreux témoignages écrits. Et nous possédons surtout d'extraordinaires photographies inédites : conservées au Caire ou à Beyrouth, dans des institutions ou chez des particuliers, elles restituent cet étonnant feu de paille que fut l'Égypte des rois.
Un voyage en Egypte - Au temps des derniers rois.

Un hiver en Egypte - Eugene Poitou - 1860

Il y a quarante ans, le voyage d’Egypte était encore un long et difficile voyage. Aujourd’hui, grâce à la vapeur, l’Egypte n’est plus qu’à six jours de la France, ... Eugène Poitou

Eugène Poitou - Un hiver en Egypte (4eme éd. 1881)

Depuis un demi-siècle , la guerre, le commerce, la science et les arts de l’Europe poussent incessamment vers ce monde si longtemps fermé, si longtemps hostile, une croisade infatigable; et la civilisation moderne, avec ses forces multiples , reprend aujourd’hui pour la mener à terme, il faut l’espérer, cette œuvre de réaction contre la barbarie que le christianisme, il y a six siècles, tenta d’accomplir par l’enthousiasme de la foi et la puissance des armes.
Il y a quarante ans, le voyage d’Egypte était encore un long et difficile voyage. Aujourd’hui, grâce à la vapeur, l’Egypte n’est plus qu’à six jours de la France, le Caire n’est plus qu’à une semaine de Paris. La route d’Alexandrie à Suez est la grande route de l’Inde, et l’on y trouve presque autant d’Anglais que de Douvres à Calais. Déjà un chemin de fer relie la Méditerranée à la mer Rouge, et bientôt, on est fondé à le croire, un canal coupera l'isthme et ouvrira aux vaisseaux la communication des deux mers. Le commerce de la moitié du monde passera par là. Mais il est temps d’aller visiter la vieille Egypte. Dans cent ans, il est à croire qu’il n’en restera pas grand chose. Dans cent ans, elle sera devenue aussi banale que le sont aujourd’hui la Suisse et l’Italie. Déjà d’étranges contrastes y frappent les regards : on y voit de toutes parts fumer les usines; les raffineries élèvent parmi les palmiers et les minarets leurs noires et gigantesques cheminées; des bateaux à vapeur sillonnent le Nil, au grand effroi des crocodiles sacrés. L’affluence des touristes y augmente d’année en année; les Américains surtout, qui tous les étés s’abattent sur l’ancien monde, y apportent en foule leur opulence ennuyée et leur sans-façon démocratique. Bientôt le vieux Nil, le fleuve divin, ne sera plus qu’un fleuve profane, une grande voie commerciale comme l’Escaut ou la Tamise. On le remontera , non plus comme aujourd’hui en barque et à la voile, au chant monotone des Arabes, mais comme on remonte le Rhin, sur de rapides steamers, en troupeau de touristes, qui sait même?... peut-être en train de plaisir. Alors, adieu l’originalité, adieu la poésie de ces bords silencieux et mélancoliques. J’ai peur même que ces ruines qui sont aujourd’hui la seule gloire de l’Egypte, ne disparaissent bientôt, ou sous l’avidité industrielle qui en fait de la chaux et en bâtit des usines, ou sous la curiosité destructive des voyageurs qui en emportent chacun un morceau : si bien que la civilisation ne leur aura pas été moins funeste que la barbarie.
Il faut donc se hâter, si l’on veut encore voir l’Egypte telle que l’imagination l’a rêvée, telle que l’histoire et la poésie nous l’ont peinte, belle de sa solitude et de sa tristesse, endormie comme le Sphinx au pied de ses pyramides, majestueuse comme le désert, mystérieuse comme son fleuve, et gardant dans les plaines muettes de Karnac et la Vallée des Tombeaux, les plus grandes ruines du monde et les plus étonnants monuments des civilisations antiques.
Ce sont là, entre plusieurs autres, les raisons qui me décidèrent, au commencement de l’hiver de 1857, à faire une excursion aux bords du Nil. Obligé d’aller demander à un climat plus doux le rétablissement d’une santé profondément altérée, j’étais, je l’avoue, attiré vers cette terre fameuse par la poésie des souvenirs, par la grandeur des monuments, plus encore peut-être que par la beauté tant vantée de son ciel et l’éclat de son soleil sans nuages.
(...)


S’il vous faut seulement les douceurs d’un climat toujours tiède et toujours égal, vous les trouverez à Alger, à Madère, à Corfou. Mais si, durant les tristes mois de notre hiver, vous voulez aux beautés de la nature et aux sourires du ciel unir le spectacle de grandes choses et l’émotion de grands souvenirs, l’Egypte seule peut vous offrir ce rare et merveilleux assemblage. De tous les voyages qui se peuvent faire dans l’ancien monde, il n’en est pas, on peut le dire, qui présente un attrait plus vif, un charme plus varié, un intérêt plus puissant. Pour moi, ce rapide passage en Orient, ce trop court séjour au Caire; cette navigation du Nil avec ses lenteurs et ses hasards, avec ses aspects mélancoliques et ses couchers de soleil incomparables; ces bords fameux couverts des plus prodigieuses ruines; cette antique civilisation évoquée de la nuit des temps au pied du Sphinx et des obélisques de Karnac : tous ces spectacles, toutes ces émotions m’ont fait un trésor de souvenirs que je n’échangerais pour aucun autre.

 

Eugene Poitou

Le texte est mis en ligne sur ce site : http://www.mediterranees.net/voyageurs/poitou/index.html

Le temple de Louxor

Commentaires (4)

1. louxor-egypte 17/05/2012

Bonjour Régine et Thierry,
Voici 2 pistes
http://www.amazon.fr/Chroniques-n%C3%A9cropole-Golo/dp/2754804331
http://cgi.ebay.fr/chroniques-de-la-necropole-Golo-Dibou-Occasion-Livre-/140632422165?pt=FR_JG_Livres_Bd_BD&hash=item20be587715#ht_1328wt_1396
Bien amicalement
Pascal

2. RegiNa 17/05/2012

Bonjour pascal ,ou peut on se procurer ( chroniques de la nécropole ) nous sommes en France et nous serons en Égypte chez notre ami farag à partir du 21septembre inch 'Allah! Merci pour votre réponse cordialement Régine et thierry

3. 19/01/2011

Message déposé pour Laëtitia et Fabien :
Je voudrais vous donner quelques références de livres que nous avons lu avant ou
pendant le voyage que nous avons apprécier. Je sais pas si vous avez un endroit
pour mettre cela dans votre site :
* Pour adulte - Le voyage de l'Obélisque de Louxor à Paris-
Le Grand Voyage de l'obélisque [Broché] Robert Solé (Auteur)
* Pour enfants, grâce à ce livre ils connaissent un certains nombres de
divinités égyptiennes et leurs histoires. Ils ont adoré et ils se sont projetés
très facilement dans chaque temple -
La mythologie Egyptienne - Contes et légendes

4. HAMELIN (site web) 27/12/2010

Puis-je vous suggérer d'ajouter dans votre liste de romans sur l'Egypte, les romans de Gérard HAMELIN, publiés aux Editions Terriciaé, dont le tome I "La marche d'Hatsouti" et le Tome II "La Révolte d'Irem", qui se déroulent au temps de Ramsès II et que vs pouvez trouver chez l'Editeur ou à la Fnac, Gérard étant un locataire et ami de Mohamed. Merci à vous.

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