L'épopée de la découverte.

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Le 4 Novembre 1922, un siècle après que Champollion eut décrypté les hiéroglyphes, Howard Carter descend la première marche de la tombe 62 de la vallée des rois. Celle de Toutankhamon. Il dévoile au monde entier la splendeur d'une civilisation et écrit l'une des plus belles pages de l'égyptologie.

"Dautres pharaons dorment encore au sein de la montagne, au fond d'hypogées que l'homme n'a jamais troublés depuis le jour où la porte fut close. Ils dorment sous la garde des dieux." Howard Carter avait-il lu Terres mortes d'André Chevillon pour consacrer sa vie à ce rêve improbable, découvrir la tombe inviolée d'un pharaon inconnu, quand tous les archéologues qui avaient, avant lui, ratissé, déblayé, fouillé de fond en comble la vallée des Rois en venaient à conclure, l'un après l'autre, qu'elle avait livré tous ses secrets ?

Qu'on se souvienne de Giovanni Belzoni. Au début du XIXème siècle, ce géant italien, ancien lutteur de foire qui n'hésitait pas à forcer les portes des tombes à coups de masse, et à utiliser de la dynamite pour satisfaire son appétit d'or et de gloire, découvrit entre 1815 et 1819, les tombes d'Amenhotep II, de Ramsès Ier, de Mérenptah, de Aÿ et le sarcophage en marbre de Séthi Ier. A son départ d'Egypte, Belzoni déclara :"C'est ma ferme opinion qu'après mes travaux, iln'y a plus de tombe à découvrir dans la vallée."

Vincent Tremolet de Villers, membre de la rédaction des Hors-Séries du Figaro, nous présente le numéro du mois d’avril 2007 consacré à Toutankhamon, et merveilleusement illustré par Araldo de Luca.

Près d'un siècle plus tard, en 1902, un archéologue néophyte, Theodore Davis, milliardaire américain à la retraite à qui Gaston Maspero, directeur de l'Institut français d'archéologie orientale (IFAO), avait confié l'entière concession de la vallée des Rois, allait prouver le contraire. La vallée n'avait pas livré tous ses secrets. Ni Belzoni, ni les frères Abdel Rassoul, riches trafiquants d'antiquités égyptiennes qui avaient, en 1875, mis la main sur une cachette où reposaient les momies royales de onze souverains des XVIIIème et XXème dynasties, ni les pilleurs de tombe qui sévissaient depuis le XIIIème siècle dans ce village de Gournah, n'avaient épuisé les trésors cachés de la vallée.

A chacune des découvertes de Davis, une dizaine au totale, le pauvre Howard Carter se précipitait, impuissant et anxieux, auprès de cet américain qui prospectait en dépit du bon sens, mais que sa bonne étoile semblait désespérément guider vers de nouvelles tombes, celles de la reine Hatshepsout et du pharaon Thoutmosis IV notamment. Il fallait voir Carter, noué dans son costume rayé trois pièces qui seyait à son rang d'inspecteur des antiquités, avec son noeud papillon qui lui serrait la gorge, sa pochette et ses chaussures de toile blanche, scrutant parmi les vases et les sépultures un signe d'espoir tandis que ses mains éreintaient son chapeau à larges rebords.

De ces fouilles désordonnées, menées sans aucunes approche scientifique, sans que jamais ne soient effectués ni relevés, ni rapports, lui si miticuleux qu'il en exaspérait parfois ses collègues, pouvait seulement se consoler en songeant que le roi qu'il cherchait sans pouvoir entreprendre la moindre fouille, se refusait à cet américain trop pressé.

Lorsque enfin, à soixante-quinze ans, après douze saisons consécutives de fouilles, Davis quitta l'Egypte en 1914, fatigué, malade et convaincu à son tour qu'il n'y avait plus rien à découvrir, Gaston Maspero fit tout pour dissuader Carter de prendre sa suite.

Pour Maspero, tout-puissant directeur du service des Antiquités, qui avait su distinguer en lui des dons d'archéologue grâce à son travail acharné, sa connaissance parfaite du terrain, sa maîtrise de plusieurs dialectes arabes, au point de le nommer à vingt-neuf ans inspecteur général de Haute Egypte, puis inspecteur en chef de Basse et Moyenne Egypte, ce chercheur promis à un brillant avenir valait mieux qu'une vaine obsession.

Lorsque Howard Carter avait quitté l'Angleterre à l'age de dix-sept ans, enrôlé par Percy E.Newberry, professeur d'égyptologie à l'université du Caire, pour reproduire sur papier bas-reliefs et inscriptions hiéroglyfiques, le jeune peintre sans le sou et sans avenir s'était pris pourl'Egypte d'une passion dévorante.

Ses talents de dessinateur n'avaient pas tardé à séduire Sir Flinders Petrie, grand archéologue anglais qui l'avait débauché et initié aux mystère de cette civilisation millénaire.

Carter qui n'avait guère de diplôme, avait étudié avec passion l'histoire ancienne. Très vite, à dix-huit ans, il s'était convaincu qu'une tombe échappait encore aux archéologues. Celle d'un roi obscur de la XYIIIème dynastie."Un roitelet", disaient certains. Toutankhamon . Pétrie avait confirmé ses soupçons. Si la tombe existait, elle devait se trouver dans la vallée des Rois.

Nous sommes en 1892. Trente ans avant que Carter ne réalise la plus brillante découverte de toute l'histoire de l'archéologie égyptienne.

Quand il dispose d'un peu de temps, entre deux chantiers, le jeune peintre demande à pouvoir accéder aux archives du musée du Caire, étudie les notes des archéologues, déchiffre les papyrus, collecte les indices prouvant que sa conviction est fondée. La nuit , il dévore les manuels, erre dans le désert. Au Caire, à Alexandrie, à Louxor, il interroge les vendeurs d'antiquités, se frotte aux trafiquants de Gournah. Aucune pièce du mobilier funéraire de Toutankhamon n'est en circulation. Il se peut donc que la tombe de ce jeune pharaon ait échappé aux pilleurs de tombes.

Carter au Mena House Hôtel au pied des pyramides du Caire.

Carter apprend vite. Devenu inspecteur des Antiquités de Basse Egypte, celui qui n'est plus un jeune peintre ralentueux contraint de servir d'autres archéologues, mais reste encore trop pauvre pour s'offrir le luxe d'une concession dans la vallée des Rois, s'installe à proximité du site. A loisir il comtemple l'endroit où reposent les rois de Thèbes, cette vallée qui s'élargit à travers les collines à la manière d'un amphithéâtre. Toutankhamon le hante jour et nuit.

Son caractère entier et tempétueux lui joue pourtant des tours. En 1906, il refuse ainsi de présenter ses excuses à des touristes français, ivres et violents, qui avaient agressé ses ouvriers sur un chantier de Saqqarah. Lord Cromer, haut commisaire britannique qui règne alors sur le pays, exige de Maspero son éviction. Quinze années de travail acharné et soudain, c'est la déchéance.

Sans emploi, sans indemnité, Carter retrouve ses pinceaux. Installé au Caire, il vend ses peintures aux touristes, mais ne tarde pas, nostalgique, à retrouver Saqqarah. Ses aquarellesdu désert et des pyramides sont appréciées. Il offre à ses acheteurs de les accompagner sur les lieux naguère sous son contrôle. Il vit aussi de ses expertises pour les marchands d'antiquités. Sans gagner des fortunes , Carter survit et cache sa pauvreté sous une mine impeccable.

C'est alors qu'arrive à Louxor lord Carnavon, l'homme qui va changer sa vie. George Edward Stanhope Molyneux Herbert, lord Porchester, cinquième comte de Carnavon est un riche aristocrate anglais. Un malheureux accident de voiture, survenu en 1898 sur une route d'Allemagne , a considérablement affaibli cette nature robuste. L'hiver, il doit fuir l'Angleterre, une mauvaise bronchite pouvant lui être fatale.Il trouve refuge en Egypte en 1903, séjourne dans les palaces. Mais les fouilles le fascinent. Sans peine , il obtient qu'on lui alloue un site à l'ouest de Louxor. Mise à part la découverte d'un chat momifié dans sa boite, rien ne vient récompenser son entreprise. Il lui faut l'aide d'un expert. De sera Howard Carter que Gaston Maspero tire se sa retraite pour le lui présenter.

Howard Carter se laisse séduire par ce personnage hors norme. Il consent à l'assister dans ses recherches et fouille en sa compagnie, pendant cinq ans, le site de Deir el-Bahari.

Mais alors qu'enfin Carter parvient à obtenir pour lord Carnavon la concession de la vallée des Rois, laissée vacante en 1914 après le départ de Theodore Davis, la Grande Guerre éclate. Les fouilles, à peine commencées, sont interrompues. Lord Carnavon gagne l'Angleterre, transforme le château de Highclere en hôpital et cherche à se faire engager, en dépit de son infirmité et de son âge, comme officier de liaison. De son côté, Carter, vite démobilisé en raison de son insubordination, se morfond en Egypte.

 

 

1988 - Dans le château d'Highclere, découverte inattendue, dans deux placards dissimulés, d'une cache contenant des antiquités égyptiennes, restes de la collection du comte de Carnarvon. La plupart des pièces mises à jour proviennent des fouilles entreprises à Thèbes et à Tell el-Balamoun par Carter. Parmi les objets, plusieurs proviennent de diverses tombes de l'Assassif du Moyen Empire mais réutilisés au début du Nouvel Empire, d'autres du " trésor de Tell el-Balamoun " mais la plus grande partie des pièces provient des fouilles de la tombe d'Aménophis III. L'une des plus belles pièces découvertes à Highclere est un bracelet protecteur conçu pour préserver l'intérieur du bras de l'archer de l'impact de la corde de son arc. L'objet le plus grand est une jarre de calcite avec les cartouches de Ramsès II.

Lorsque les fouilles reprennent en 1917, les résultats sont maigres. L'archéologue a défini un triangle entre les tombes des rois Ramsès II, Mérenptah et Ramsès VI, remué des tonnes de sables. Rien. Pas le moindre indice pour confirmer l'existence de la tombe de Toutankhamon. Pis, en octobre 1922, son mécène dont la fortune a été ébranlée par la guerre, doit remettre de l'ordre dans ses finances. Lord Carnavon lui accorde une dernière campagne de fouilles avant de mettre fin à leur collaboration.

Représentation de la zone de fouilles de Carter. Notez la position de KV62, la tombe de Toutankamon, à quelques mètres de la zone de prospection.

Le temps presse. Carter redouble d'énergie. Il demande à Ahmed Girigar, son chef de chantier, d'entreprendre des travaux au pied du tombeau de Ramsès VI. En 1918, il y avait mis au jour des habitations sommaires, probablement celles des ouvriers qui avaient travaillé à l'édification de la sépulture Ramesside.

Le service des Antiquités lui avait toujours interdit de pousser plus loin ses investigations. L'accès à l'une des plus belles tombes de la Vallée des Rois devait être toujours possible aux touristes.

Le 3 novembre 1922, c'est chose faite.

Le 4, au matin, règne un silence pesant sur le chantier. Carter croit à un accident. Ahmed Girigar lui annonce qu'un ouvrier est tombé sur un bloc ancien. L'archéologue se précipite. A genoux, il déblaye le sable, dégage une marche. A la fin de la journée, c'est un escalier profond de quatre mètres qui apparaît.

Le lendemain, Carter fait parvenir un télégramme à lord Carnavon, resté en Angleterre, le priant de le rejoindre au plus vite. Poursuivant ses travaux de deblaiements, il aperçoit à la faveur d'une saillie sous un linteau de porte, un couloir rempli de gravats, du sol au plafond. Il faut en rester là jusqu'à l'arrivée de son commanditaire.

Trois semaines plus tard, lord Carnavon débarque en Egypte. Le 24, Carter est à pied d'oeuvre. Il examine à nouveau la porte scellée et déchiffre nettement le nom de Toutankhamon qui se répète sur plusieurs cartouches. Larchéologue chancelle tandis que Carnavon le prie de lui traduire ce qu'il a lu. Mais en même temps qu'il touche au but, surgit le doute. Des traces de réouvertures sont visibles. Des voleurs ont pénétré le sanctuaire avant lui. Si pillage il y a eu, il date d'avant la mort de Ramsès VI. Il eut fallu, ensuite, détruire comme il l'a fait des échafaudages laissés par les terrassiers de la tombe du pharaon.

Les deux hommes sont ivres de bonheur, mais ils ne peuvent aller plus loin. Le nouveau réglement édicté par Lacau, successeur de Maspero, prévoit q'un représentant du service des Antiquités doit présider à l'ouverture d'une tombe royale. Le 25, l'inspecteur Rex Engelbach constate qu'aucun des objets qui obstruent le couloir ne mentionne le nom d'un pharaon. Il renonce à venir suivre l'exploration de ce qui n'est, pour lui, qu'une simple cachette. Pourtant, au bout du couloir, à dix mètres de la première porte, en surgit une deuxième.

Le 26 novembre 1922, lord Carnavon, accompagné de sa fille lady Evelyn, se pressent fébrilement derrière Carter, tandis que l'archéologue entreprend de percer la cloison. La percée accomplie, Carter allume une bougie et, de longues secondes, demeure muet de stupeur."D'abord, je ne vis rien, évriva-t-il;l'air chaud qui s'échappait de la chambre faisait clignoter la flamme de la bougie. Puis à mesure que mes yeux s'accoutumaient à l'obsurité, des formes se dessinèrent lentement : d'étranges animlaux, des statues, et, partout le scintollement de l'or.(...) Et, lorsque lord Carnavon demanda enfin : "Vous voyez quelque chose ?", je ne pus que répondre : "Oui, des merveilles !".

Carter n'a pourtant encore rien vu.Se détachent nettement trois grands lits funéraires dorés, dont les montants sculptés figurent des animaux monstrueux. A droite, ce sont deux statues en bois du roi qui se font face comme des sentinelles. Et partout des coffres peints, des vases d'albâtre qui s'amoncellent, des statuettes.

 

A gauche, des chars ruisselants d'or. Pas de sarcophage pourtant ;encore moins de momie. C'est qu'en réalité les deux hommes ne sont qu'au seuil de leur découverte : dans une antichambre qui ne mesure pas plus de huit mètres de long sur trois mètres soixante de large.

De gauche à droite : James Breasted, Harry Burton, Alfred Lucas, Arthur Callender, Arthur Mace, Howard Carter et Alan Gardiner

Carter observe deux amorces de passages, l'un au nord et l'autre à l'est. A proximité de cette dernière porte scellée, il repère des traces d'intrusion. Un petit tunnel a été creusé. L'archéologue l'emprunte et pénètre dans une petite pièce où règne un désordre sans nom.

 

 

Devant les écrins vidés, Carter comprend ce qui s'est produit lors de l'effraction. Les voleurs se sont emparés des objets les plus petits au détriment des lourds coffres d'or, intransportables dans l'étroit tunnel qu'ils étaient parvenus à creuser. 60% des bijoux, estimera-t-il, ont disparu définitivement. La déception est de courte durée, pourtant. Elle cède devant la fascination. Car les merveilles s'amoncellent : boîtes peintes incrustées d'or et d'ivoire, cuivres, vases d'albâtre , faïences, jeux en ébène.

Avant d'aller plus avant dans les explorations, il faut vider l'antichambre, procéder à un inventaire et s'assurer que le trésor soit protégé jour et nuit, maintenant que la nouvelle est connue de quelques-uns et que Louxor, le Caire et le monde bruissent de rumeurs.

Il faudra sept semaines à Carter et à son équipe pour vider l'antichambre.

Le 17 Février 1923, l'archéologue convie une vingtaine de privilégiés pour assister à l'ouverture de la seconde porte scellée. En rang serré derrière l'Anglais, chacun observe ses mouvements, cherchant à voir au travers du trou qui se forme. Le choc est inouï. Devant eux, se dresse en effet un mur en or.

Se laissant glisser à l'intérieur de cette chambre, dont le sol est situé un mètre en contrebas, Carter , accompagné de lord Carnavon et de Lacau, a soudain le sentiment étrange de profaner un lieu sacré. A terre, gisent plusieurs emblèmes funéraires. Parmi ces objets fascinants, les septs avirons magiques qui devaient permettre au roi de traverser les eaux du monde des ténèbres.

Devant eux, occupant presque toute la salle au point de na laisser qu'un passage de soixante centimères, se déploie, sublime, une chapelle dorée dont les deux grandes portes sont fermées par des loquets en argent. A l'intérieur, recouverte d'un voile décoré de rosette, une seconde chapelle, fermée comme la précédente, mais dont les loquets portent un sceau intact.

Toutankhamon est là, endormi pour l'éternité, derrière ces portes inviolées, protégé de deux autres chapelles.

Ci-dessus : Les quatres coffres-chapelles en bois doré qui occupaient l'ensemble de la chambre funéraire et qui protégaient la dépouille royale. Pour démonter ces fragiles édifices, les archéologues ont dû déchiffer le mode d'emploi en hiéroglyphes laissé par les artisans. Il aura fallu huit mois à Carter et son équipe pour atteindre le premier sarcophage. Seule la chapelle extérieure (1) était ornée de faïence bleue. La deuxième chapelle était recouverte d'une structure en bois et d'un linceul . Elle était décorée, comme la troisième chapelle, de vignettes et textes en creux tirés des livres sacrés d'Egypte . Le plafond de la quatrième chapelle offre une magnifique représentation de la déesse Nout.

Carter, agenouillé, en compagnie de son assistant, Arthur Callender, et d'un ouvrier, découvre le sarcophage en quartzite, révélé par l'ouverture des coffres-chapelles.

Une autre surprise les attend. Contournant la chapelle et longeant les murs brillamment colorés de la chambre funéraire, une porte basse, ni bouchée, ni scellée, conduit à une quatrième pièce, plus petite. A l'intérieur, gardé par une majestueuse statue d'Anubis qui trône sur un naos, apparaît, surgissant dans la pénombre, un extraordinaire coffre à canopes recouvert d'or, un trésor comme nul autre pareil, d'une magnificence telle qu'il serait vain de vouloir le décrire.

Ci-dessus : reconstitution de la tombe. Le corridor pentu débouche sur l'antichambre derrière laquelle se situe l'annexe, visitée par les pilleurs. Sur la droite, la chambre funéraire. Enfin, la salle du trésor, avec le naos doré protégé par Anubis.

En cet instant, sans doute, l'archéologue ne mesure-t-il pas encore qu'il lui faudra dix ans pour extraire de la tombe l'intégralité du trésor de Toutankhamon, répertorier les pièces, dresser un catalogue, restaurer sur place les objets indéplaçables en l'état, superviser leur enlèvement et leur transfert au Caire. Mais il peut exulter, lui qui depuis plus de trente ans poursuivait la trace de ce pharaon fantomatique.

Jamais découverte archéologique ne devait avoir plus de retentissement.

Lord Carnavon, à ses côtés, n'eut pas le bohneur d'admirer bien longtemps son trésor. Il ne devait pas assister à l'apothéose. La mort le surprit le 5 Avril 1923, bien avant que Carter ne soit en mesure de procéder, le 10 octobre 1925, à l'ouverture de la dernière chapelle pour se pencher le premier sur la momie de l'enfant roi.

Ultime découverte qui dépassait largement les rêves les plus fous du chercheur. Protégé par trois cercueils de bois et d'or enchâssés comme des poupées russes, la momie intacte de Toutankhamon se dérobait encore sous un "masque d'or, spécimen unique de l'art antique, avec une expression triste et calme."

 

 

Ci-dessus : Carter nettoyant minutieusement le couvercle du deuxième sarcophage.

 

Les journalistes de l'époque, ayant besoin de produire des articles, feront naître la légende de la malédiction du pharaon: Carnavon meurt, victime d'une septicémie due à une blessure faite en se rasant sur une piqure de moustique ; de nombreux savants, déjà âgés au moment de la découverte, décèdent par la suite. Pourtant, Carter qui fut le premier à pénétrer dans la tombe, retourna à Kensington vivre les dernières années de sa vie, et ne s'éteignit qu'en 1939, d'une cirrhose du foie à l'âge de 65 ans, soit 17 ans après la découverte de la tombe de Toutânkhamon.

 

 

Howard Carter’s House - 19 Collingham Gardens, Kensington, London SW5 - England, UK.

Documentaire en anglais avec des images d'époque et la voix de Howard Carter.

Après cette lecture, je vous propose de tester vos connaissances ici !!

Commentaires (1)

1. Monique 19/05/2012

J'ai été voir cette exposition en famille lorsqu'elle est passée, il y a quelques temps, à Bruxelles. Il s'agit de répliques parfaites, avec notamment celles des chapelles successives, la position exacte des objets à l'ouverture de la tombe. Ça vaut vraiment la peine, même mes grands ados qui ne sont pas des inconditionnels, ont adorés l'expo. A défaut du musée du Caire...(http://www.toutankhamon-expo.com/)

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