Hathor


DEIR EL BAHARI

Deir el Bahari est surtout connu pour être le domaine d' Hatchepsout, mais Montouhotep II occupait la place avant elle, et Thoutmosis III a réussi à glisser son temple entre ceux de son ancêtre et de sa tante. C' est aussi l' endroit choisi par les prêtres de Montou et d'Amon officiant à Thèbes, pour leur sépulture. On y célébrait la Belle Fête de la Vallée, et ce fut de tous temps un haut lieu de culte d' Hathor.

Nous devons beaucoup à Henri-Edouard NAVILLE, égyptologue suisse (1844-1926), et plus récemment à Dieter ARNOLD (fouilles de 1968-1971, mission allemande) grâce à qui nous pouvons nous mettre dans les pas de ces souverains. N' oublions pas non plus les relevés de LEPSIUS, égyptologue allemand (1810-1884), MARIETTE PACHA, et ses trois missions (1858-1862/63-1886). Le temple de Thoutmosis III (Djeser Akhet) est l' apanage de la mission polonaise dirigée par Mme LIPINSKA, succédant bien après lui à Naville.

Au domaine d' Hatchepsout, Hathor occupe une place de choix, et ce n' est pas seulement par simple respect des convenances. La reine tenait tout particulièrement à prouver sa filiation divine, légitimant ainsi sa position pharaonique. Il fallait donc faire intervenir les dieux.

Le portique nord de la terrasse intermédiaire nous conte sa conception miraculeuse, et sa présentation à Amon (le papa) dès sa naissance.

C'est Hathor qui tend l' enfant au dieu

C'est Hathor qui tend l'enfant au dieu (photo ci-dessus).

Tout naturellement, les nourrices de la nouvelle née et de son Ka sont représentées avec la tête de la vache divine

Tout naturellement, les nourrices de la nouvelle née et de son Ka sont représentées avec la tête de la vache divine (photo ci-dessus).

Il ne s' agit ici que d'une évocation pouvant échapper au visiteur, d'autant que les reliefs ne sont guère visibles, c'est dire si les dessins de Naville nous sont précieux.

Le culte d' Hathor s' exprime pleinement dans la chapelle qui lui est dédiée. Cette chapelle est située près du portique sud de la terrasse intermédiaire, dans lequel est relatée l' expédition de Pount. (normal, Hathor est aussi la Dame de Pount). L' édifice est composé de la salle hypostyle, et de trois autres salles. La toiture était soutenue par des colonnes coiffées de chapiteaux "hathoriques".

Chapiteaux "hathoriques"

Là Hathor est femme (à l' exception de ses mignonnes oreilles de vache) (photo ci-dessus) Sa tête est surmontée du sistre et de l'uraeus. Contrairement au Moyen Empire, où sa perruque se termine par deux volutes, Hathor porte ici une perruque à deux pans droits, légèrement ondulés.

La déesse La déesse

Sur chaque mur, la déesse est omniprésente (photos ci-dessus). Dans le sanctuaire lui-même, Hathor accompagne Hatchepsout et Amon. Et la représentation de la reine n' est pas martelée : pour une fois, Thoutmosis III a fait preuve d' indulgence envers sa tante, voulant peut-être malgré tout lui éviter la damnation memoriae...

Murs de la troisième terrasse

Nous retrouvons Hathor dans la chapelle d' Anubis, et sur les murs de la troisième terrasse (photo ci-dessus).

Sous la XVIIIeme dynastie, le culte d' Hathor a pris toute son importance. La déesse vache était réputée pour accorder fertilité, et donc descendance. Son intervention était réclamée, et quantité de phallus en bois, ex-voto de l' époque, ont été retrouvés dans la toute proche chapelle de Thoutmosis III.

DJESER AKHET

Djeser Akhet, deuxième château de millions d' années de Thoutmosis III (le troisième étant l' Akhmenou à Karnak), à l' état de ruine, n' est guère encourageant. Mais là aussi Hathor était vénérée. Naville a découvert sa chapelle, où, de nouveau, la déesse apparaît sous sa forme statuaire de vache allaitant le Pharaon, et aussi sur la peinture murale, sous les traits d' une femme portant cornes et disque solaire. Cette chapelle est maintenant reconstituée au Musée du Caire. La vache a été placée par Amenhotep II, dont elle porte le cartouche (photos ci-dessous)

Musée du Caire  Musée du Caire

 

DEIR EL MEDINEH

Le culte d' Hathor se poursuit au cours des siècles et des dynasties.

Nous le retrouvons à Deir el Medineh, non loin du fameux "puits aux ostraca", et dans un temple ignoré (tant mieux pour nous, dommage pour le gardien) de la majorité des touristes.

Ce temple a été reconstruit par les Ptolémées sur l' emplacement d' autres édifices érigés à partir du règne de Thoutmosis III.

En Juin 1829, Champollion visite les lieux, dont il fait une minutieuse description que l' on retrouve dans "Lettres et Journaux de voyage" (1828-1829). Bien sûr, il nous traduit les textes inscrits dont, entre autres :

"Le fils du Soleil", Ptolémée, toujours vivant, bien aimé de Ptah, chéri des dieux et des déesses mères, bien-aimé d' Hathor, a fait exécuter cet édifice, en l' honneur de sa mère Hathor, Rectrice de l'Occident, pour être vivifié à toujours". 

Piliers Hathoriques

Si la déesse partage l' espace avec Mâât et Amon, Hathor se retrouve un peu partout, sur les piliers (photo ci-dessus), dans l' assemblée des dieux (photos ci-dessous) sur une barque posée sur une sorte de traineau (photo ci-dessous à droite), mais il se pourrait que ce soit aussi une chapelle, encensée par le roi. 

Hors l' intérêt historique du lieu, les couleurs préservées sur nombre de reliefs apportent un charme supplémentaire à ce sanctuaire.

Hathor poursuit sa carrière au fil des siècles, et en particulier à Denderah, où l'intégralité du temple lui est dédiée. Mais ceci est une autre histoire....

Christiane.Texte et toutes photos Christiane Duquesne.

Sauf : photos des relevés de Naville (Fl. Maruejol) et celles de la chapelle de Thoutmosis III (National Geographic)

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