En dessin, ou en peinture, ils immortalisent Gournah ! Louxor rive Ouest.

Un pinceau contre les bulldozers.

Dessin de Golo.

Entre palmeraie et désert, le dessinateur français Golo vit depuis 2000 au pied de la montagne thébaine à Gourna. Celui qui a mis en bulles les romans de Naguib Mahfouz et d’Albert Cossery ne pouvait rester indifférent à la destruction des maisons de la colline, construites sur des tombes destinées à être  fouillées par les égyptologues. “Ces demeures étaient magnifiques, décorées de toutes les couleurs. Et elles ont été détruites à coup de bulldozers”, regrette-t-il. En dessins, en aquarelles, il fixe la mémoire de Gourna avant démolition. “Mais je ne lui ai pas encore consacré de BD. Ça va venir”, promet Golo.

Mohamed El-Had et Sara Hesham pour le journal Le calame. Juin 2008

Guy Nadaud, dit Golo, né à Bayonne le 26 août 1948 est un auteur de bande dessinée français vivant et travaillant au Caire, en Égypte. Il dessine dans le magazine Best entre 1971 et 1975. Entre 1978 et 1991, il apparaît au sommaire de divers journaux : Hara-Kiri, Charlie Mensuel, Charlie Hebdo, L’Écho des savanes, Libération, Politis, Actuel, Zoulou, Pilote, (A SUIVRE). Il collabore aussi au Cairo Times. Il flirte très brièvement avec le cinéma en 1985 en participant en tant qu’acteur à L’amour propre (ne le reste jamais très longtemps), film que réalise son collègue Martin Veyron.

Les couleurs de la colline inspirent les Beaux-Arts.

 

Ali Hassan

Dans les années 1950 déjà, des étudiants des Beaux-Arts du Caire venaient peindre à Gourna. En 1999, lors d’une expédition solitaire sur la rive ouest, Ali Hassan, enseignant à la faculté des Beaux-Arts de Louxor, décide de reprendre l’idée. Depuis, chaque année pendant une dizaine de jours, ses étudiants posent leurs chevalets à Gourna. Avec la démolition des maisons aux mille couleurs de la colline, la nécessité d’immortaliser ce qui bientôt ne sera plus s’est renforcée. “Les habitants sont touchés par notre initiative, des enfants nous ont même entraînés vers leur maison pour qu’on la peigne”, raconte Ali Hassan. Les toiles sont ensuite exposées et trouvent parfois acquéreurs. A défaut, elles sont rendues aux étudiants. Ce qui au final ne laisse aucune trace au sein de la faculté. “Ce travail de mémorisation n’est effectué par aucune institution officielle”, regrette Ali Hassan. “Il aurait dû être prioritaire de tout dessiner avant la démolition.”  Pacynthe Sabri - Le calame - Juin 2008.

Gournah.Tableau de Monique Duval.

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