Mathieu Chedid - L'égyptien

-M-

Matthieu Chedid est un auteur-compositeur-interprète de rock français d'origine libanaise et égyptienne, plus connu sous le pseudonyme de -M-, l'initiale de son prénom et à cause de sa coiffure . Il est né le 21 décembre 1971 à Boulogne-Billancourt. Jouant principalement de la guitare, -M- est aussi multi-instrumentiste en studio où il assure la quasi totalité des différentes partitions.
C'est le fils du chanteur Louis Chedid et le petit-fils de l'écrivain et poétesse Andrée Chedid (qui a écrit les paroles de certaines de ses chansons).

Les débuts : Il commence très tôt la musique, en faisant notamment les chœurs pour son père sur la chanson T'as beau pas être beau, accompagné de sa sœur Émilie en 1978. Il fait ensuite partie de petits groupes, jouant avec Julien Voulzy ou encore Pierre Souchon (les fils respectifs de Laurent Voulzy et d'Alain Souchon). Ils forment d'ailleurs quelques groupes éphémères, comme Tam Tam avec Mathieu Boogaerts, Les Bébés fous ou Les Poissons rouges. Son ami d'enfance Cyril Houplain participe à la création de son univers visuel.
Sa carrière de musicien l'amène ensuite à accompagner les artistes les plus divers, aussi bien en concert que sur des albums : NTM, Tryo, Sinclair, Billy ze kick, Nina Morato, Gérald De Palmas ou Faudel. Matthieu Chedid est avant tout un guitariste, admirateur de Jimi Hendrix.


Je dis -M-

Après avoir collaboré avec Vanessa Paradis, il sort en 1999 son deuxième album Je dis aime. Cet album contient de nombreux tubes (Je dis aime, Onde sensuelle, Le Complexe du corn-flakes, Mama Sam), et il y reprend Close To Me de The Cure. Il s'en vend plus de 200 000 exemplaires.
Il est souvent accompagné sur scène et parfois en studio (accompagnement, arrangement) de Cyril Atef, batteur et percussionniste, et Vincent Segal, violoncelliste et parfois à la basse ou aux kass-kass. Tout deux forment le groupe Bumcello. Le troisième homme est DJ Shalom, qui réalise les samples sur certaines chansons. On a également pu voir parfois à ses côtés son ami et trompettiste Ibrahim Maalouf.
Ses concerts contribuent grandement au succès de l'artiste. Jouant sur son image, chaque live est un vrai spectacle où il fait partager le monde de son personnage, -M-. La scène est agrémentée de couleurs acidulées et de toutes sortes d'objets que l'on croirait sortis du fond de son grenier (ce qui est d'ailleurs en partie le cas). Il remplit ainsi la mythique scène de l'Olympia, fait une tournée des grands festivals français (Festival des Vieilles Charrues, Francofolies, Solidays, Printemps de Bourges) et gagne la Victoire de la musique de l'interprète masculin de l'année. Le CD/DVD Live Le Tour de M est un souvenir sonore de cette tournée.

Vidéo du clip : Je dis Aime

 

 

M au Caire

Concert au Caire

Concert au bord du Nil

Le 21 juin 2004, Matthieu Chédid s'offrait une fête de la musique en forme de retour aux sources familiales. En pleine tournée marathon, le chanteur à la lettre venait sonder ses origines égyptiennes le temps d'un concert inattendu au Caire, doublé d'un séjour mémorable. Retour sur l'aventure égyptienne de Monsieur -M-.
Cinq jours pour une heure de concert. Un luxe? Sûrement, mais un plaisir légitime pour -M-, invité par l'AFAA à venir dispenser sa science du live, en compagnie de sa garde rapprochée (manageuse, musiciens, famille, amis - les genres se mélangeant allégrement). Cinq jours au milieu d'une tournée croulant sous les dates, qui resteront vraisemblablement pour Matthieu, fils de Louis et petit fils d'Andrée - tous deux nés au Caire - un souvenir impérissable. Venu sans certitude, lui qui joue pratiquement toujours devant une cohorte de fans acquis à sa cause se produira en quasi anonyme, soutenu seulement par une poignée de Français basés dans la capitale égyptienne. L'occasion d'un concert unique, à la symbolique forte, et d'un séjour qui ne le sera pas moins.
Interviews interminables

Accueilli avec les honneurs par ses hôtes français, -M-, s'il n'est pas venu au Caire dans une optique promotionnelle, doit se frotter aux médias locaux. Soit une conférence de presse assez surréaliste, organisée dans une salle de l'Opéra de la capitale, et ponctuée d'interminables séances de questions. Acteur autant que spectateur, -M- se prête avec la gentillesse habituelle et une curiosité presque infantile au jeu des interviews, adoptant docilement les figures imposées- une journaliste de la TV égyptienne insistera notamment, entre deux réprimandes à son caméraman, pour qu'il fixe bien l'objectif.

Crochet par les souks, escale en plein désert sur fond de musique soufi, visite entre amis de l'imposant musée du Caire, ballades dans les rues bouillonnantes, au milieu de l'improbable ballet des taxis et du concert de klaxons...le reste du séjour sera moins institutionnel - malgré une soirée organisée chez le Conseiller culturel français, de laquelle s'échappaient Cyril Atef et Vincent Ségal, les deux seuls musiciens venus accompagner -M-. Descendus de l'avion quelques heures plus tôt, on les retrouvait dans un bar branché, l'un assis derrière une batterie, l'autre agrippé à une contrebasse, pour un jam enfiévré - et totalement improvisé - avec un groupe local. Rendez-vous le lendemain avec les deux Bumcello et -M-, qui découvrent la scène posée sur le bord du Nil, en plein centre du Caire. Balances en plein soleil, mais humeur au beau fixe. Casquette vissée sur la tête assortie à ses lunettes noires, -M- décoche ses premières flèches électriques à coups de guitare sous des rayons brûlants. Façon de donner le ton de la soirée à venir.

Décibels festifs et néo fan

L'île de Zamalek, en plein coeur du Caire. Comme chaque année à la même époque, l'élégant jardin El Riyadi, habituel lieu de rendez-vous de la jeunesse caïrote, se transforme en salle de concert à ciel ouvert. Dans le public, des expatriés français, pour la plupart "M-ophiles" convaincus, mais aussi une très large proportion d'Egyptiens pure souche, venue comme chaque premier jour de l'été fêter la musique au bord du Nil. Avec cette année, donc, ce fameux chanteur ovni, inconnu débarqué de France qui trône royalement en haut de l'affiche du jour, et dont l'accoutrement, entrevu sur les quelques posters promo visibles dans la ville, inspire à certains la plus grande circonspection (le rose de son costume serait un aveu d'homosexualité? Les pointes de sa coiffure en M seraient un penchant satanique?).

 

 

La lune est déjà bien installée dans la nuit quand -M- prend le relais des groupes locaux programmés avant lui. Costume blanc éclatant, moral gonflé à bloc, guitare Rickenbaker résolument prête à en découdre: Docteur Chédid rugit un Mon égo éclatant en guise de salutation! Suivront Onde sensuelle, Tes souhaits, Souvenir du futur...En un peu plus d'une heure (sans rappel, une incongruité au pays des Pharaons!) tout le répertoire chédidien est passé au crible, sur un mode où énergie et enthousiasme se disputent la vedette. Car il faut bien reconnaître que, tout couplet sur le "retour aux sources" mis à part, -M- livre en ce 21 juin un de ses meilleurs concerts! Séduisant, aventureux, conquérant, il communie avec un public qui ne le connaît ni ne le comprend - trois jours ne lui auront effectivement pas suffit pour parfaire son arabe, lequel, rudimentaire, se limite à quelques «choukrane» («merci») lancés en fin de morceaux! Générosité évidente, plaisir palpable. Ces qualités sont certes à mettre au crédit de n'importe quel concert de -M-, mais elles s'expriment ici de façon tout à fait inédite: les fans francophones reprennent en choeur les refrains en roulant des hanches, les autres profitent sourire au lèvres.

Sur scène, des représentants égyptiens du public - dont un quinqua fringant et un breakdancer émérite - se défient à la danse au milieu du trio aux anges. Depuis la modeste scène du jardin El Riyadi, -M- lance le "Macho, Macho" de Machistador, phonétiquement devenu «Matthieu, Matthieu» pour une bande d'ados locaux qui le reprennent en écho! -M- séduit. -M- enthousiasme. Et remporte haut la main son pari égyptien. Echappé d'un groupe, un jeune pointe du menton le zébulon Chédid et demande, dans un anglais largement égyptiannisé: «pouvez-vous me dire de quoi il parle, ce qu'il chante?». S'en suit une explication de texte en pleine foule, doublé d'un couplet sur cette fameuse lettre à tiroirs, pendant que Matthieu commente justement, par traducteur interposé, le sens de Je dis aime, écrit par sa grand-mère Andrée (touchante poussée d'émotion, il butera par la suite deux fois sur le fameux "du Nil dans mes veines"! de la chanson). Entre un riff électrisant et une avalanche de décibels festifs, le curieux néo-fan de -M- tente une comparaison avec la star égyptienne Mounir, puis interroge "où puis-je acheter ses disques?"...avant de se reprendre "can I download them?"!

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