Une croisière sur le Nil

LE NIL AUTREMENT

Une croisière sur le Nil !

Oui, mais il y a croisière et croisière...

Celle que je vous décris aujourd'hui vous emmènera doucement vers des lieux connus et célèbres, mais aussi, et surtout, à la découverte d'une Egypte différente et familière, loin des clichés habituels.

Accompagnez moi à bord de la NAEMA, l'une des dahabiehs des GREEMENTS DU NIL, propriété de Sara Villermet.

Naëma

Quatre cabines, huit passagers maximum, toute une équipe assurant pilotage et intendance, un guide francophone (pour nous, Mossalam, aussi érudit que souriant).

Nous embarquons à Esna. Notre cabine aux lits confortables, dispose d'une salle de bains (lavabo, douche, toilettes), et de placards où nous trouvons, petit plus bien agréable, des peignoirs immaculés, doux et moelleux. Bien installés, nous montons sur le pont, abrité du soleil. Là nous attendent fauteuils, banquettes, transats. La place est suffisante pour que chacun soit tranquille. Les paysages défilent, animés par les travaux des champs, l' envol d'une aigrette, ou (moins romantique, mais nécessaire), le "teuf-teuf" d'une pompe amenant l'eau dans le champ voisin.

La cabine

C'est l'heure du repas ! Copieux et variés, les plats se succèdent, il y en a pour tous les goûts, présentés avec originalité, et d'une fraîcheur impeccable. bravo au chef ! (et l'après midi, petit en-cas, qui ne se refuse pas...)

Hors les visites traditionnelles,(El Kab,Edfou, Kom Ombo), à chaque escale, des promenades sont proposées, qui nous font découvrir ce que l'on pourrait appeler "l'Egypte profonde", où le temps semble s'être arrêté il y a longtemps. Seule concession au monde moderne, la parabole, unique ornement des maisons de briques crues. Mention, spéciale pour Daraw, ses boutiques valant de loin tous les souks habituels, et lieu d' arrivée des chameaux venant du Soudan pour le marché traditionnel.

                                         boucherie à Daraw Dromadaires à Daraw

Si le vent le permet, Naëma déploie ses voiles, ajoutant à la beauté des sites l'élégance d'une navigation silencieuse. Sinon, le vaillant petit remorqueur viendra à notre aide...

                                                on raccomode une voile Les repas sur le pont le

Le dernier jour nous conduit à Assouan, avec, point d'orgue de la croisière, le Son et Lumière du temple de Philae, où Isis vous convie sous le ciel étoilé.

Nous ne pouvons que vous recommander cette escapade de cinq jours, où tout est géré avec compétence et gentillesse. Sara, dès qu'elle le peut, fait partie du voyage. Elle raconte ce pays, le sien depuis de nombreuses années, et qu'elle aime infiniment.

Le Nil...

L'idéal serait de se grouper entre amis, et privatiser la dahabieh. C'est ce que j'avais prévu. Mais les amis ont eu peur...(j'ai même entendu : et s'il y avait des pirates ?). Nous avons donc partagé le bateau avec trois autres couples, et tout s'est très bien passé. il faut, pour ce genre de voyage, un certain état d'esprit, où courtoisie et bonne humeur sont de règle.

       Les berges du Nil coucher de soleil vu de la Naema Djebel Silsileh

N'hésitez pas à prendre contact avec Sara (en cliquant sur le lien ci-dessous), elle vous donnera toutes les informations nécessaires. Bonne croisière !

GREEMENTS DU NIL

Christiane. Texte et Photos de Christiane.

Le voyage de "Charmes"

A la fin de XIXe siècle, le journaliste Gabriel Charmes a passé plusieurs hivers en Egypte "C'est sur cette terre antique que son intelligence et son imagination se sont ouvertes aux choses de l'orient ... Il était vivement épris de la beauté de l'Egypte, passionnément attaché à ses intérêts actuels, curieusement préoccupé des mystères de son passé ... Aussi a-t-il beaucoup écrit sur elle."

En témoigne ce récit, teinté d'humour, digne de figurer dans une guide touristique de 1880 :

"Il est presque honteux d'avoir passé tout un hiver au Caire sans être allé dans la Haute-Egypte. La plupart des voyageurs ne viennent même au Caire que pour s'embarquer sur le Nil et gagner pour le moins la première cataracte. Peu d'excursions sont, paraît-il, plus belles, peu de voyages offrent une plus grande variété de spectacles naturels et de souvenirs historiques.

Mais, pour se rendre dans la Haute-Egypte, il faut choisir entre deux procédés qui ont chacun leurs inconvénients. Le plus simple est de s'embarquer sur de grands bateaux à vapeur qui partent toutes les semaines du Caire et qui font en vingt et un jours le voyage de la première cataracte, aller et retour. J'avoue qu'il ne m'a pas tenté un instant. Être empilé sur un bateau avec une centaine d'Anglais et d'Anglaises, descendre tous ensemble aux mêmes stations, admirer pendant un nombre de minutes déterminé les mêmes monuments, se sentir toujours serré, pressé par la foule, n'avoir jamais la liberté de ses mouvements et de ses impressions, quoi de plus odieux dans un pays qui semble fait pour la contemplation solitaire, pour les méditations tranquilles et prolongées.

steam ship nefertari de la compagnie cook

Le second procédé est charmant en lui-même : il consiste à fréter une dahabieh, sorte de barque d'une forme élégante, peinte des plus vives couleurs, ornée d'une de ces grandes voiles qui donnent aux canges des pêcheurs l'aspect d'oiseaux de mer voguant sur l'eau. On fait un marché avec un drogman qui se charge de vous nourrir, de vous conduire, de vous fournir des ânes partout où vous tenez à vous arrêter, de vous montrer en détail et suivant vos convenances toutes les curiosités de la route. Une dizaine de bateliers arabes, au teint cuivré, psalmodiant toujours leurs mélancoliques refrains, forment l'équipage de la dahabieh.

Cette manière de remonter le Nil est délicieuse ; c'est la seule qui puisse convenir à une imagination tant soit peu poétique ; mais, comme on ne va qu'à la voile, à la corde ou à la perche, le voyage est long ; il dure un mois et demi, parfois deux mois. Or, on passe avec bonheur deux mois sur le Nil, mais à la double condition de n'être pas tout à fait seul et d'avoir des compagnons de route avec lesquels on soit en parfaite conformité d'humeur, d'idées et de sentiments. Rien de plus dangereux que de s'embarquer avec des personnes dont on n'est pas absolument sûr.

Dans cette immense solitude de l'Egypte, la vie monotone de la dahabieh met immédiatement aux prises les caractères opposés. Que d'imprudents j'ai vus partir, amis intimes en apparence, qui sont revenus presque ennemis mortels. Je n'ai point osé m'exposer à une aventure de ce genre, et, ne trouvant pas le moyen de remplir complètement les deux conditions d'un agréable voyage dans la Haute-Egypte, je me suis contenté d'aller jusqu'à Syout."

Le texte est résolument "charmant" ... et la chute résolument excellente !!

Marie Grillot Texte de Marie Grillot

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