Pourquoi isoler les gens dans des ghettos ? Louxor rive Ouest.

Parce qu’ils ont refusé le logement proposé, qu’ils jugent trop exigu, Om Fathy et sa famille demeurent sur la colline.

Retour dans l’un des hameaux de l’ancienne Gourna. Seule se dresse sur le sommet de la colline la maison d’Abou Hod. Le projet de déplacement de Gourna avait été pensé pour sauver les tombes endommagées par les habitants qui vivaient dessus. Pourtant, la seule maison debout qui reste à El ‘Atayat, l’un des hameaux, est située sur une tombe. La famille d’Abou Hod ne refuse pas de partir. “J’espère m’en aller le plus tôt possible”, affirme Om  Fathy, mère de famille. “Mais pas dans ces conditions.” “Nous revendiquons juste notre droit légitime”, continue son fils. La loi leur donne droit à huit maisons, mais lors de la distribution, le comité ne leur en a proposé qu’une seule, affirment-ils. “Comment une maison de deux étages peut-elle être remplacée par deux pièces ? Comment dix-sept personnes peuvent-elles y vivre ?”, s’indigne Fathy. Faute de toit, ils doivent rester jusqu’à nouvel ordre dans leur ancien logement. En deux ans, ils n’ont eu la visite des autorités qu’à deux reprises, assurent-ils. La dernière fois, c’était il y a trois mois, pour raser les quelques arpents qu’ils avaient cultivés face à leur maison. “La loi doit être respectée. Leur présence sur une tombe est déjà une sorte d’agression”, explique Mahmoud El-Chahat, du conseil local, qui précise par ailleurs que “vingt maisons sur quatre cents seront préservées pour garder la mémoire de leur architecture particulière.” Le projet, largement médiatisé et qui visait à déplacer tous les hameaux qui vont d’El ‘Atayat jusqu’à Gourna Mar’y, s’est arrêté il y a plus d’un an. Les fouilles qui devaient révéler les secrets d’un millier de tombes antiques n’ont toujours pas commencé.

L’idée même du déplacement total des habitants est contestable pour certains. “Gourna était un musée ouvert. Pourquoi isoler les gens dans des ghettos ? Le pays appartient d’abord à ses habitants avant d’être celui des touristes. L’héritage, le patrimoine doivent avoir combien d’années pour être appréciés ?”, demande Mariam, une journaliste qui a suivi le dossier et assisté aux premières expulsions sur la colline. Colline où ne subsistent que quelques murs de différentes couleurs, vestiges d’une vie passée qui tente de continuer ailleurs.

Sources le journal Le Calame - Juin 2008.

 

Commentaires (1)

1. marie 08/12/2008

ma tristesse est immense face à la destruction de gournah
j'ai vu les maisons de briques crues s'effondrer sous les coups des caterpillars, les gens pleuraient, c'est une partie de leur passé et de leur vie qui partait en poussière …
gournah avait un charme fou avec ses maisons peintes qui s'accrochaient à la colline …
ce village nous apportait une part d'éternité …
la semaine dernière, l'électricité a été coupée plusieurs soirs afin de hâter le départ de ceux qui ne souhaitaient pas partir … le compte à rebours final est vraiment commencé …
la montagne thébaine sera bien vide !
l'unesco a annoncé que 25 maisons seraient conservées comme témoignage de cet habitat vernaculaire… piètre consolation !!!
peut-être dans 10 – 15 ans paierons-nous pour les visiter ?
en 1994, maximilien dauber, qui a consacré un magnifique ouvrage à gournah prévoyait ce "pharaon land" et là, dans ce paysage, les gournawis n'ont plus leur place …


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