Articles de louxor-egypte
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Louxor: Disneyland-sur-Nil.
- Par Pascal PELLETIER
- Le 30/12/2008
10.04.2007 "Message d'Helena Zacharias, responsable du service dessin au Centre Franco-égyptien d'Etude des Temples de Karnak." Bonjour à tous, ceci est un message d'information à faire passer au plus de gens possible autour de vous. Je travaille à la mission française archéologique des temples de Karnak, en Egypte, et je suis comme mes collègues le témoin impuissant des actes de la dictature. Le gouvernement égyptien a commencé depuis quelques temps un projet de réaménagement touristique de tous les sites archéologiques du pays, projet financé entièrement par le gouvernement américain. Le gouvernement américain donne chaque année à l'Egypte une somme colossale de dollars, quelques milliards, afin qu'elle se taise dans les négociations politiques sur le Proche-Orient. Saviez-vous par exemple, que c'est le gouvernement américain qui a restauré toutes les vieilles mosquées du Caire? Et tout ce que nous ne savons pas... En ce qui concerne le gigantesque projet de site-management touristique, c'est l'armée égyptienne qui est chargée d'effectuer les travaux, destructions comme constructions. Déjà plusieurs sites ont été réaménagés, tels qu'Edfou et Dendera. C'est joli, certes, mais des quartiers entiers d'habitations sont rasés afin de construire d'immenses places dallées de marbre, vraie fournaise durant l'été égyptien, et, au pourtour, des souks et des cafétérias. Nous n'avions qu'échos lointains de ces travaux, jusqu'au jour où les pelleteuses ont débarqué à Louqsor. Les travaux sont menés par le gouverneur de la ville, ancien général d'armée, Samir Farag, avec qui il est impossible de communiquer. Nous avons cessé de nous battre, car nous avons réalisé notre impuissance face à cette terrible machine de corruption qu'est le gouvernement égyptien. La corruption met des sas entre les différents éléments de la hiérarchie, ce qui fait qu'il est impossible de remonter aux personnes responsables. Saviez-vous, pour exemple, que le ticket d'entrée du temple de Karnak est de 50 livres(~7 euros), qu'il y a en moyenne 8000 à 11000 entrées par jour, et que pas un seul centime ne va à l'entretien du temple ni à la paye des employés, tout part directement au Caire dans les poches du gouvernement. Un ouvrier du temple est payé un euro par jour... Toute la ville de Louqsor est donc en chantier. Devant la gare, il y a un panneau de présentation des travaux où il est inscrit: "We will make Luxor as an open air museum". Certes, certains réaménagements sont jolis. Mise en exergue des ravissantes mosquées, belles places, réfection de la gare et de sa rue principale, mais cela aurait du s'arrêter là! Ce qu'il est prévu est de transformer toute la ville en centre commercial, souks, restaurants et hôtels, dont tous les bénéfices iront au gouverneur. Les habitants de la ville vont être relogés dans une nouvelle cité dans le désert, près de l'aéroport "New Theba", dans des blocs en béton, loin de tout. La deuxième catastrophe est l'ouverture de la chaussée de sphinx entre le temple de Karnak et le temple de Louqsor, sur 4 km. La ville moderne est construite dessus. Qu'à cela ne tienne, ils détruisent les maisons qui les gênent. Ils ouvrent une voie large de 27 mètres, rasant sur le passage maisons, églises, mosquées, hôpital, espaces verts et... écoles!!! Pour ,construire le long de cette voie des boutiques (encore), et effectuer des trajets payants en calèche pour ces [...] de touristes. Les pauvres sphinx exhumés ressemblent plus à des moignons de patates rongés par les sels, qu'à quelque chose de figuratif. Le gouvernement met un fric fou pour construire des belles places dallées de marbre, de belles rues aux façades rénovées où passent les trajets des touristes, et il n'y a qu'à passer une rue derrière le décor, c'est le ghetto, pas toujours l'eau courante, et les ruelles boueuses et insalubres. Nous avons plusieurs fois entendu des membres du gouvernorat local traiter ces gens de "déchets à nettoyer"... La pauvreté les horripile, les pauvres gens sont traités comme de la merde à nettoyer parce que devant les touristes, pour l'image du pays, ça fait "sale" et pas présentable, alors on cache la misère comme on dit, derrière des façades repeintes(dont les Egyptiens payent la peinture à travers leurs factures d'électricité). Mais la pauvreté est maintenue par le gouvernement, qui empêche la privatisation d'entreprises (tout appartient à Moubarak, qui est propriétaire de toutes les usines) et la création d'emplois, par peur d'émergence de fortunes privées qui déstabiliseraient le gouvernement et risqueraient de donner les moyens de renverser cette dictature. Mais un fric colossal est dépensé pour créer hôtels et souks, aménager les lieux touristiques, dont je vous le rappelle les revenus vont dans les poches directement du gouvernement, et on ne met pas les moyens pour éradiquer la pauvreté et l'insalubrité des conditions de vie. Quant aux abords du temple de Karnak, la place n'est que poussière et chaos. Ils rasent tous les arbres, agrandissent le parking, développent un centre commercial monstrueux, et ont commencé à détruire les pâtés de maisons des égyptiens situées sur le pourtour de la place, y compris une école. C'est horrible, l'armée a expulsé de force les femmes et les enfants en pleurs qui hurlaient, vidé leurs maisons, et ceux qui ont chouiné sont à l'heure actuelle en prison. Dans chacune de ces belles maisons en briques crues, vivaient trois à quatre familles. Pour chaque maison détruite, ils donnent un appartement en dehors de la ville dans le désert, dans des blocs en béton, avec une seule chambre, une cuisine et une salle de bain. Et tout ça pour... Pour élargir la place devant le temple et construire un souk pour les touristes. Au début, nous courrions d'un trou à l'autre, sous les pelleteuses, dénonçant les antiquités broyées par les engins, ce qui avait effet de stopper momentanément les destructions. Nous effectuions alors des fouilles de sauvetage. Mais ils ont vite compris que travailler de nuit et mettre la terre et les débris d'antiquités directement dans les bennes des camions maintenaient la cadence des travaux. Il faut savoir que toute la ville de Louqsor est construite sur l'ancienne Thèbes de l'antiquité. Nous avons vu des scènes où des femmes et des enfants s'interposaient devant les pelleteuses pour les arrêter, et la police les emmener de force. Nous avons alerté en mai dernier l'UNESCO, qui s'est déplacé et a fait un rapport, mais n'a malheureusement pas pu entraver ce projet dont les implications financières et politiques sont énormes. Nous avons eu par ailleurs un très grand soutien de la mission archéologique américaine du Chicago Institute, basée elle aussi à Louqsor, qui a eu le courage de s'impliquer et de nous suivre dans nos démarches d'appels au secours. Mais rien n'y a fait. Sur la rive Ouest, les magnifiques villages de brique crue sont détruits à l'heure actuelle à grands coups de pelleteuses, car la plupart des maisons sont construites sur des tombes. Ces tombes constitueront un revenu supplémentaire au gouvernement. Ils vont transformer la rive Ouest en "Pharaon-land", avec des trajets balisés et gardés par la police, dont les itinéraires forcés conduiront les touristes à dépenser le plus d'argent possible. Les malheureux habitants seront eux aussi relogés dans des blocs en bétons dans le désert, au nord, très loin de leurs champs. A Louqsor, que ce soit sur la rive Est( la ville) ou la rive Ouest (la campagne), les gens vivent en majeure partie du tourisme. Les expulser dans le désert les condamne. Si j'étais un égyptien dont on avait ainsi détruit la maison, incapable de crier sous peine d'être emmené et torturé, j'attendrai patiemment que les aménagements touristiques soient terminés, et je mettrai une bombe. C'est ce qui s'est passé l'année dernière à Sharm-elècheikh, pour cette même raison, le gouvernement avait expulsé les bédouins de leurs boutiques pour en construire de nouvelles dont le profit va au gouvernement, avait dressé un mur isolant les habitants de la station balnéaire qui les faisait vivre, même scénario, et c'est ce qui arrivera encore. Parce que l'Egypte est un beau pays, parce que nous, étrangers, venons y rencontrer l'héritage d'une merveilleuse civilisation et nous en imprégner, parce que nous sommes en quête d'authentique et de traditionnel, parce que ces maisons en briques crues nous émerveillent autant que les ruines pharaoniques, parce que nous avons un coeur et une conscience, parce que nous aimons et respectons ces gens qui n'ont rien et nous reçoivent en nous offrant tout, ne cautionnons pas ces monstruosités. On ne doit pas détruire des écoles pour construire des hôtels pour les touristes! La seule chose que vous pouvez faire est de diffuser ce message, afin de sensibiliser le monde. »
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François Mitterrand et l'Egypte.
- Par Pascal PELLETIER
- Le 29/12/2008
François Mitterrand quitte définitivement Venise en juin 1995, où il est venu pour visiter, au Palazzo Grassi, l’exposition du centenaire de la Biennale. Il est fatigué, lit Cicéron et se repose. Six mois plus tard, Noël 1995 à Assouan, aux portes de la Nubie, à quinze jours de mourir il se repose aussi, sur la terrasse de la suite présidentielle du Old Cataract, le plus anglais des palaces égyptiens. La 237 est la chambre préférée du roi Fouad d’Egypte, de Winston Churchill, du tsar Nicolas II et de Georges Clemenceau. Juste en dessous de celle où Agatha Christie écrivit « Mort sur le Nil ». Plancher verni, lit à baldaquin monumental aux colonnades d’acajou torsadé, boiseries recouvertes d’une fine pellicule de peau de chèvre, elle communique par un salon avec la « suite Old Cataract », où logent Anne Pingeot, venue avec sa sœur, et Mazarine. André Rousselet, exécuteur testamentaire, le plus libre des amis, son épouse, la fille de celle-ci, Jean-Pierre Tarot et sa famille accompagnent l’ex-président. Le soleil de décembre brûle pour la dernière fois cet homme de 80 ans. Il le sait. Tout à l’heure, à son arrivée à l’hôtel, il a tenu, comme chaque fois, à descendre près des jardins pour voir le Nil, la voie royale des pharaons. « Comment va Abdel-Mohsen ? » a-t-il demandé au patron de l’époque du Old Cataract, Icham El-Katan. Abdel-Mohsen Attallah, 42 ans alors, ému, est accouru avec un verre de karkadé, un jus rouge d’hibiscus, excellent pour la circulation du sang. Puis François Mitterrand est monté dans sa suite par le lent ascenseur. Sur la terrasse on a installé un rocking-chair. En dehors d’une balade de deux-trois heures sur le Nil avec déjeuner à bord de l’embarcation à moteur, il ne quitte pas cette terrasse des trois jours, en face des dieux morts de l’île Eléphantine. Au stylo à plume, il travaille son livre sur l’Allemagne, lit en alternance une œuvre contemporaine et un livre ancien. Il ne reverra pas Philae, consacrée à la déesse Isis, sur l’île d’Agilkia, qui signifie l’île de la fin. Autour de lui, chacun vit comme si de rien n’était. Ce ne sont pas des vacances de deuil. Ultime coquetterie, il refuse en plaisantant qu’on le photographie sur le rocking-chair. « Cela rappellerait trop Kennedy !» Tous les repas se prennent là-haut. Crème de lentilles, poisson grillé, crêpe Suzette. Détaché à son service et fier de l’être, Abdel-Mohsen porte les plats. Il reste même dans l’hôtel la nuit, au cas où « Monsieur François » aurait besoin de quelque chose. Amin, l’un des douze jardiniers, change tous les jours les bouquets orientaux de la suite. Cette année, « Monsieur François » n’ira pas lui parler de graines, de plantes, d’arbres, ni le regarder en silence tailler ses fleurs, courbé sous un palmier, comme il avait coutume de le faire avant, se souvient Didier-Marie Ravassard, directeur délégué qui supervise les opérations spéciales et les voyages officiels pour le groupe Accor, propriétaire de l’hôtel. Avant. C’est lorsque François Mitterrand pouvait marcher. La souffrance morale de n’en être plus capable, la souffrance de ne pas voir progresser Mazarine dans ses études l’emporte sur celle, physique, atroce mais pour lui secondaire. Il regarde passer les felouques, écoute les chants des Nubiens qui les mènent. Il fixe le mausolée de l’Aga Khan, en marbre de Carrare, ultime demeure des chefs des ismaéliens qui se détache sur la crête de dune. Son altesse la bégum Aga Khan III, Yvette Labrousse, Miss France 1930, déposera chaque jour une rose sur la tombe de son mari jusqu’à son décès, en l’an 2000. François Mitterrand se demande-t-il quelle femme en fera autant à Jarnac ? Comme chaque soir, juste à la tombée du soleil, il s’émerveille du vol groupé de centaines d’oies sauvages qui descendent des marécages de Kom-Ombo au nord d’Assouan chasser les poissons qui remontent prendre l’air à la surface du barrage. Repues, elles repassent à l’horizon quelques minutes plus tard. Le 29 décembre, c’est le départ pour l’aéroport où l’attend le jet privé que lui prête Hosni Moubarak, le président égyptien. Un départ inoubliable pour le personnel réuni dans le hall. Une vacillante signature sur le livre d’or, près de laquelle l’encre aujourd’hui a fait une tache, larme d’Hubert Védrine lorsqu’il la vit il y a trois ans. Découvrant la suite présidentielle en 1997, Roger Hanin pleura lui aussi. D’Egypte, François Mitterrand rapportera les grandes forces architecturales. La pyramide du Louvre en mémoire des morts. La Très Grande Bibliothèque, inspirée d’Alexandrie, pour la mémoire des vivants. Depuis des années, Hosni Moubarak met à sa disposition sa maison d’hôtes d’Assouan, où Begin et Sadate eurent leurs premiers entretiens en 1978. Mais il voyage aussi en dehors d’Assouan. Il écoute la messe de minuit en décembre 1987 au monastère Sainte-Catherine, un monde de pierre et de silence, au pied du mont Moïse où le Prophète reçut les tables de la Loi pendant l’Exode. Avec Robert Badinter, le lendemain matin à 6 heures, ils partent à dos de chameau sur le Sinaï. Celui de Mitterrand est teigneux, il crache de rage sur tout ce qui passe alentour. La veille, en vain, son ami a tenté de le dissuader d’escalader, à 71 ans, deux heures durant, les marches hautes taillées dans le granit. Un médecin l’accompagne, deux ou trois gendarmes français en civil portent le pique-nique. Le petit groupe est dépassé par des touristes espagnols qui encouragent le président. Il reprend son souffle toutes les demi-heures. Au sommet, il demande à Robert Badinter de le laisser seul quelques instants. « A l’écart, je le voyais pensif, le regard au loin, se souvient l’ancien ministre de la Justice. Il avait le visage creusé des jours de décision, j’ai compris à ce moment-là qu’il se représenterait pour un second mandat. Il venait de faire son test d’endurance. » Sur le chemin du retour, ils parlent du destin de Moïse, prince égyptien, selon Mitterrand, plutôt que prophète, qui conduit son peuple en Terre promise sans y entrer lui-même. « François Mitterrand connaissait les tombes de chaque pharaon, se souvient Hosni Moubarak. L’histoire de leur règne, leur dynastie, leur lignée. Il savait les derniers chantiers d’excavation. Se passionnait pour les rites funéraires de l’Egypte ancienne et les croyances des pharaons. » Une année, ils descendent ensemble le Nil entre Louxor et Assouan. Deux jours de bateau. « Au bout de vingt-quatre heures, il m’a dit : “Poursuivons en voiture.” Il a voulu s’arrêter dans un village, il a frappé à la porte d’une maison de fermiers. “Puis-je entrer ?” Les gens ont allumé leur four, ils ont fait cuire du pain et préparé toutes sortes de plats. Tout le village était là, réuni autour de lui. » Cette balade sur le Nil, François Mitterrand la fait aussi avec Robert et Elisabeth Badinter, à bord d’une vedette de douaniers, très simple, aménagée de quelques couchettes, que leur prête Hosni Moubarak. Ses amis sont stupéfaits par la fascination constante qu’exercent sur lui les sépultures, les sculptures de morts, les tombeaux. Partout on s’arrête. «Il y a là un joli gisant», disait-il. Au cours de ces voyages, on bavarde de mille choses, on rit aussi beaucoup. «Des jours heureux, des jours d’amitié», évoque Robert Badinter. En Egypte, comme à Venise, François Mitterrand écrit et lit. Il est très tôt sur le pont, au lever des flamants roses. Il a tous les jours ce rendez-vous avec l’aube, et se repose d’un paysage entre vie et mort. 1. «Le vieil homme et la mort », de Franz-Olivier Giesbert, éd. Gallimard. Auteur : Arnaud Bizot
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Land for sale near the Nile
- Par Pascal PELLETIER
- Le 23/12/2008
We, Nile Valley, have a new project. We have land on the banks of the Nile near el Qurna. It is located in a green and quiet area only 7 km from Bairat, The plan is to make a Nile Valley Village. Everybody can buy land and build as they want,bungalow, apartment or villa. We plan to build some apartments in Hassan Fathi style (mud brick) The plan is to have a courtesy bus to and from Nile Valley hotel, a motorboat to cross to Luxor, a small supermarket and even a cafe-restaurant terrace.
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Bonnes fêtes de fin d'année !!
- Par Pascal PELLETIER
- Le 22/12/2008

Mohamed et Pascal vous souhaitent un joyeux Noël et une heureuse nouvelle année 2009 !!!