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Anne-Marie et Daniel - Retour de Louxor - Mai 2011

Bonsoir Pascal, Nous sommes bien rentrés de notre séjour à Louxor. Nous avons trouvé des gens toujours aussi accueillants et apparemment beaucoup plus calmes depuis que la police est moins présente. Malheureusement le manque de touristes est très problématique. Nous espérons qu'ils reviennent très vite. Nous avons comme nous vous l'avions dit essayé de visiter l'école de poterie. Sur place, devant la maison de Carter, personne n'était capable de nous indiquer ou se trouvait cette école. Après quelques hésitations nous nous sommes décidés à appeler Momo. Avec sa gentillesse habituelle, il est venu nous chercher et nous y a conduit. Nous somme repartis bien sur avec un petit souvenir; Abusant de sa gentillesse nous lui avons demandé s'il pouvait nous emmener voir notre ami Rifaï. Là aussi, nous y avons trouvé notre bonheur. Momo nous a demandé de vous passer le bonjour, ce que nous faisons avec plaisir. Nous vous joignons quelques photos à notre avis sympa que vous pouvez utiliser comme il vous plaira. Amicalement. Anne-Marie et Daniel PS : Nous émettons quand même quelques doutes sur cette école de poterie qui nous a parue très éloignée, déserte et inactive. Nous ne pensons pas que ce soit une création fiable et suffisamment sérieuse. A vérifier dans le temps

Quelle surprise !!!

Je cherche des photos sur le Ramesseum, je glisse sur Christian Leblanc... et je tombe sur Mohamed, que nous avons connu il y a vingt-cinq ans lors d'une visite de liaison d'une de ses collaboratrices avec Christian Leblanc. Il ne se souvient probablement plus de nous, mais nous avons un excellent souvenir de Mohamed avec qui nous avons passé deux jours et que nous avons reçu chez nous en banlieue parisienne à l'occasion d'une de ses visites à son amie parisienne.

Je ne sais encore si nous pouvons envisager un retour en Egypte, ce qui nous "titille" depuis longtemps, bien que notre situation géographique actuelle (dans le Sud-Ouest) me fait plutôt fréquenter les sites préhistoriques et les préhistoriens ainsi que fouiller des éléments romains, mais si cela se présentait, bien sûr nous ne manquerions pas de nous adresser à Mohamed pour l'hébergement et les excursions.

De toute manière, merci de lui transmettre notre bon souvenir et nos meilleurs voeux pour ses entreprises.

Jacques et Paulette Goude.

Mail reçu de Bernard

Mail reçu de Bernard

Bonjour Pascal Je viens de rentrer à la maison. Comme je vous l'ai promis dans mon dernier message, je vous rends compte de notre rencontre avec Momo. Tout d'abord la croisière sur le Nil avec Fram était de bonne qualité. Malgré un bateau 5 étoiles normes locales, le service en restauration n'était pas au top. En revenant à Louxor le 4 février j'ai contacté Momo pour lui indiquer l'emplacement du bateau, quai Mirotel Garanah pas très loin du pont de Louxor, très au sud de la ville. Il m'a fixé un rdv à 5h30 qu'il a corrigé par la suite par un sms sur mon portable (4h50). A l'heure précise indiquée, un minibus est venu nous chercher. Température très froide et vent sur la pirogue pour la pause thé-biscuit (mais gilet de sauvetage tout neuf pour la traversée). Il est à conseiller de bien déjeuner à l'hôtel avant de partir. La suite s'est parfaitement déroulée. Nous qualifierons de magique ce vol en mongol fière. Atterrissage dans un champ de canne à sucre où les paysans étaient en train de couper la cane. Le minibus nous a déposé devant chez Momo. Visite des appartements que les locataires venaient de quitter et qui repartaient avec le même minibus: très belle location. Nous avons visité ensuite Hatchepsout, le village des artisans, une fabrique d'albâtre. Momo nous a déposé ensuite au restaurant Hapy Habou à côté du temple de Medinet Habou -il est indiqué sur le guide du routard- où là j'ai payé à Momo les 160 euros du vol en montgolfière. Nous avons quitté Momo vers 12h30 en lui remettant les 30 euros. Ensuite pour 10 euros un piroguier nous a amené au musée de Louxor qui est magnifique et bien sûr à recommander. Le même piroguier (pirogue Marina) nous a attendu (une bonne heure) et ramené à notre bateau, belle balade sur le Nil à petite allure. Je vous joins 3 photos, une avec Momo et 2 autres avec le piroguier auquel j'ai promis de les lui transmettre via Momo. Pouvez vous les transmettre à Momo ? Pascal je vous remercie encore pour toute votre action et bien sûr je ferai de la pub pour votre site et la location d'appartement. Très amicalement Marie-Claude et Bernard Dufau

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Voici mon Avatar offert par Ariane. Quel bel homme !!??

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Dieux et Démons d'Egypte

En écrivant que les Égyptiens étaient « les plus religieux des hommes », Hérodote a dit à sa manière que la religion était la composante essentielle de la civilisation pharaonique. Royaux ou privés, les monuments – souvent imposants – que celle-ci nous a laissés sont là pour témoigner de cette évidence : les parois des temples et des tombeaux sont couvertes d’innombrables scènes rituelles qui semblent multiplier à l’infini de non moins innombrables figures de divinités. Celles-ci ont souvent évolué avec le temps : des grands dieux cosmiques aux « génies » émissaires, des divinités de stature nationale aux obscurs « démons » de la religion funéraire, des dieux adorés localement aux divinités venues de l’étranger, les dieux qui peuplent le panthéon égyptien ne se comptent pas : il est illusoire de vouloir en dresser un catalogue exhaustif, mais tenter de mieux les connaître est une façon d’approcher la civilisation à laquelle ils doivent d’exister.

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Des Égyptiens perdent la vie pour du pain !

Des Égyptiens perdent la vie pour du pain !

Des gens meurent en Egypte pour acheter leur pain. Cette semaine, la presse égyptienne relatait encore le décès d’une femme à Alexandrie, lors d’une bousculade devant une boulangerie publique. Selon les sources, entre quatre et quinze personnes auraient trouvé la mort depuis une quinzaine de jours devant des boulangeries publiques. Ces troubles sont causés par la très forte hausse du prix du pain sur le marché. Dans les boulangeries privées d’Egypte, une galette de pain d’une centaine de grammes est désormais vendue dix à douze fois plus cher que dans les boulangeries subventionnées par l’état. Conséquence : de plus en plus d’Egyptiens se tournent vers ces boulangeries, où la galette de pain est vendu 5 piastres l’unité, une livre (0,12 centimes d’euros) les 20. La boulangerie subventionnée de Saïd Hosman se trouve non loin du palais Abdine. Dans cette ruelle, une cinquantaine de personnes se pressent devant le guichet pour acheter du pain. "Toutes ne seront pas servies", déplore le gérant de l’établissement. "Des instructions informelles limitent à 20 le nombre de galettes par client. Nous recevons assez de farine pour cuire plus de 18 000 galettes par jour, mais ça ne suffit pas et des clients repartent les mains vides après des heures de queue." Devant la boulangerie, l’énervement et la fatigue se lisent sur les visages. Transformer l’armée en boulangerie Face à la hausse de la demande de pain subventionné, le président Hosni Moubarak a demandé à l’armée de se transformer en boulangerie, pour fournir la population cairote. Dix fours et 500 kiosques devraient ouvrir prochainement dans la capitale égyptienne. La question est cruciale pour la stabilité du pays. En 1977, le président Sadate avait tenté de réduire les subventions publiques sur le pain. Cela avait donné lieu à des révoltes dans tout le pays. En arabe égyptien, les mots pain et vie se disent de la même façon : "aïch". Le pain constitue l’aliment de base des 45% d’Égyptiens vivant en dessous du seuil de pauvreté. Avec 400 grammes par jour et par personne, l’Egypte en est un des plus gros consommateurs au monde. Dangereuse dépendance alimentaire Malgré une agriculture très productive, l’Egypte est structurellement déficitaire en blé. Dans un contexte de croissance démographique constante, la dépendance alimentaire égyptienne risque de s’accroître dans les années à venir. Le pays consomme en moyenne 12 à 13 millions de tonnes de blé par an. En janvier dernier, la centrale d’achat publique avait importé 5,6 millions de tonnes de blé. Cela représentait 78% de plus que l’année précédente, à la même période. La croissance économique égyptienne est proche de 7% mais l’écart entre riches et pauvres ne cesse de se creuser. Selon le gouvernement égyptien, l’inflation a été de 12% sur les douze derniers mois. Cette hausse des prix touche surtout les ménages modestes. Récemment, dans une chaîne de grande distribution installée en Egypte, des offres promotionnelles sur l’huile, la farine et le riz ont donné lieu à des scènes d’émeute dans les allées des magasins. Les réserves de change à la rescousse Pour faire face à la hausse de la demande de pain subventionné, le président Moubarak a demandé au gouvernement égyptien de puiser dans les 20 milliards d’euros de réserves de change du pays, afin d’acheter du blé sur le marché international. Avec la hausse internationale des cours du blé, ces importations pèsent de plus en plus lourd sur le budget égyptien. Sur l’année fiscale 2007-2008, les subventions publiques coûteront 15 milliards de livres égyptiennes au gouvernement (1, 8 milliards d’euros). C’est environ la moitié des revenus fournis par l’exploitation du canal de Suez, une des principales sources de devises de l’économie égyptienne. Le 23-03-2008 par Guillaume de Dieuleveult - Alif le magazine francophone d'Egypte

L'eau potable en danger

L'eau potable en danger

La quasi totalité des Egyptiens ont accès à l'eau potable. Mais le mauvais état ou l'absence de systèmes d'évacuation menacent les nappes phréatiques. Selon une étude publiée par l'UNICEF, 98% des Egyptiens auraient accès à l'eau potable. Difficile de parler de "bon résultat" tant que ce taux n'atteint pas les 100%, mais cette donnée est à mettre en relation avec un pourcentage plus dramatique : 15% de la population mondiale n'a pas accès à l'eau potable. L'Egypte serait donc en bonne voie sur ce chantier. Pourtant, lors d'une conférence sur le sujet, organisé il y a quelques mois par le CFCC de Mounira, le chercheur et spécialiste en ressources hydrauliques Habib Hayeb rappelait que "quand on parle d’accès à l’eau potable, cela signifie que la personne doit se trouver à moins d’un kilomètre, ou moins d’un quart d’heure d’un point d’eau. Cette définition ne prend en compte ni les conditions d’accès, ni le contexte social, économique ou juridique entourant ce point eau". En clair, avoir officiellement accès à l’eau ne garantit pas que l’on puisse en profiter. (voir à ce sujet notre article « Inondée mais assoiffée, le paradoxe de l’eau en Egypte ») 17° pays le moins efficace pour le traitement des eaux usées Mais l'Egypte pèche surtout dans le traitement de ses eaux usées. C'est en tout cas le constat de l'UNICEF, relayé par l'association Water Aid, qui place l'Egypte au 17ème rang mondial des pays où le traitement des eaux usées et l'état des installations sanitaires sont les moins efficaces. Selon leurs chiffres, 58% seulement des Egyptiens en zones rurales et désertiques bénéficient d'installations sanitaires adéquates et de systèmes de vidange sains. "Dans le delta du Nil, qui accueille un tiers de la population égyptienne, les gens utilisent essentiellement des trous dans le sol, quand ils manquent de systèmes d'évacuation", explique Rania El-Essawi, responsable de ce dossier pour le bureau cairote de l'UNICEF, citée par l'agence onusienne IRIN. "Dans les zones rurales, les latrines - quand elles existent seulement - débordent ou sont vidées avant même que leur contenu ne soit devenu fertilisant, menant à un risque élevé de contamination des nappes souterraines." Dans leurs objectifs du millénaire, les Nations Unies appellent l'Egypte à fournir un système adéquat de traitement des eaux usées à 77% de sa population d'ici 2015. Selon l'UNICEF, ce taux serait actuellement de 70%. Une denrée rare - 1,1 milliards d’habitants de la planète n’ont pas accès à l'eau potable, soit un humain sur six. - 2,6 milliards de personnes n'ont pas accès à des installations sanitaires adéquates, soit 40% de la population mondiale. - 1,8 millions d'enfants meurent chaque année à cause de maladies dues à de l'eau impropre ou à de mauvaises installations sanitaires. - 15 dollars : voilà ce que coûterait, par personne, la fourniture d'eau potable et de sanitaires aux normes, selon l'association Water Aid. - Le simple fait de se laver régulièrement les mains au savon pourrait réduire les cas de diarrhées de 40%, selon le british medical journal. Les maladies dues à la qualité de l'eau sont la deuxième cause de mortalité infantile dans le monde, après les troubles respiratoires. - 97,5% de l'eau sur terre est salée. Si toute l'eau du monde était contenue dans un sceau, seule une cuillère serait potable. Le 27-04-2008 par Arnaud Saint Jean - Alif le magazine francophone d'Egypte

Le violon du métro de Washington DC

Le violon du métro de Washington DC

Un musicien de rue était debout dans l'entrée de la station L'Enfant Plaza du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. C'était un matin froid, en janvier dernier. Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2e partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et de nouveau Bach. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur boulot. Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. Quelques minutes plus tard, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher.. Il était clairement en retard. Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l'a tiré, pressée mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger. Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars. Quand il a eu fini de jouer, personne ne l'a remarqué. Personne n'a applaudi. Une seule personne l'a reconnu, sur plus de mille personnes. Personne ne se doutait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars ! Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place. C'est une histoire vraie. Joshua Bell jouant incognito dans une station de métro a été organisé par le « Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens. Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ? Pouvons-nous reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter l'un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d'autres choses exceptionnelles passons-nous ? "Ne pas avoir le temps de méditer, c'est ne pas avoir le temps de regarder son chemin, tout occupé à sa marche". (A. Sertillanges) . Amusant que seuls les enfants se soient sentis envoutés par la musique, ils sont plus proches du divin que nous mais c'est une lapalissade de le dire.. De : Prosper GROUX - Les Enfants de Louxor -http://lesenfantsdelouxor.free.fr

A la chasse au trésor de la mariée

A la chasse au trésor de la mariée

A Louxor, des Occidentales d'âge mûr trouvent leur bonheur avec de jeunes Egyptiens A la chasse au trésor de la mariée A Louxor, des Occidentales d'âge mûr trouvent leur bonheur avec de jeunes Egyptiens, et inversement. Ces unions atypiques, de plus en plus nombreuses, font aussi vivre des familles entières. Par Claude GUIBAL Libération lundi 14 juin 2004 Gourna, Jazira envoyée spéciale Le taxi bleu et blanc cahote sur les chemins poussiéreux de la campagne thébaine. A quelques pas de là, le Nil coule, énorme et tranquille. A l'est, sur l'autre rive, Louxor semble vibrer à travers les ondes de chaleur. Un canal court à travers les champs de gombos et de canne à sucre. Le long de la rive, s'égrènent des maisons en briques crues, humbles avec leurs auvents de palmes et leurs ânes faméliques. Coup de frein. Une grande bâtisse à colonnades colorées se dresse, incongrue, au milieu des masures. Devant, une voiture flambant neuve. «Celui qui vit là a 25 ans. Il y a deux ans encore, il courait derrière les touristes dans la vallée des Rois, pour leur proposer des tours à dos d'âne. Et maintenant, il a une Mercedes. Il s'est trouvé une vieille Européenne.» Le chauffeur secoue la tête. «On dirait une momie, sa femme. Elle a 70 ans. Mais elle a de l'argent. Alors il profite. Et il n'est pas le seul.» Et de tendre le doigt. Derrière les palmiers, là-bas. Au bord de la route ici. Encore des maisons neuves, de belles voitures. Sur la rive ouest, à Jazira tout au bord du fleuve, ou à Gourna, gros bourg niché au pied de la montagne près des nécropoles pharaoniques, des maisons, des hôtels, des petits commerces, des cafétérias. Souvent, derrière, une Anglaise, une Allemande, une Hollandaise, mariée à un Egyptien, vingt ou trente ans plus jeune qu'elle. En l'absence de statistiques, à en croire les habitants de la région, elles seraient ainsi près de 400. «Passé la cinquantaine, une femme n'est plus considérée comme désirable en Europe. Ici, elle arrive avec ses rides et ses kilos en trop et des jeunes types superbes lui sourient, la courtisent. Ce n'est pas désagréable ! Mais il ne faut pas se leurrer. Ce n'est pas la femme qui intéresse, c'est son portefeuille», déplore Bernadette. A bientôt 60 ans, cette Française au teint doré vit la moitié de l'année au soleil de Louxor. Elle ne les compte plus, ces étrangères d'âge mur qui, aveuglées par des déclarations d'amour, reversent leur pension et vendent leurs derniers biens pour un jeune Egyptien aux yeux doux. «On a beau les mettre en garde, rien à faire, regrette-t-elle. Elles sont persuadées de vivre quelque chose de différent, d'exceptionnel.» «Je suis heureuse, cela rend les gens jaloux. D'autres se font peut-être avoir, mais pas moi. Qu'on me fiche la paix», réplique une Britannique, agacée d'être interpellée sur la différence d'âge entre elle et son compagnon. Allongées au bord de la piscine d'un grand hôtel, Mary et Vicky n'en reviennent pas. En quittant Manchester la semaine précédente pour une croisière sur le Nil à prix bradé, elles n'auraient pas osé rêver un tel conte de fées : à peine débarquées à Louxor, elles ont rencontré, au hasard d'une promenade sur la corniche, cet athlétique jeune homme au sourire timide. «Ce soir, nous allons boire un verre avec un de ses amis. Et, c'est décidé, nous allons revenir dans trois mois, pour passer davantage de temps ici.» Emues par la gentillesse des Egyptiens, Mary et Vicky culpabilisent. «Les gens sont si pauvres ici, ça fait relativiser.» Dans leur ville de brume, si loin des palmiers et du soleil de Louxor, les deux divorcées, aux cheveux peroxydés et aux bras couverts de tatouages, vivent d'allocations sociales. Pas grand-chose, 700 euros mensuels. Une fortune, à Louxor, où un employé d'hôtel en gagne 30 par mois. «Il faut savoir saisir sa chance» C'est ce qu'Ayman (1) gagnait quand il a connu sa femme. Elle séjournait à l'hôtel où il travaillait. L'air dégagé, il lisse les pans de sa galabeya bleue. Il a moins de 30 ans, son épouse plus de 50. L'âge de sa propre mère. «Mon histoire, c'est celle de tous les types ici !» En Egypte, explique-t-il, un homme se marie rarement avant 35 ans, le temps de réunir suffisamment d'argent pour avoir une maison ou un appartement, acheter le mobilier et la chabka (dot en or) pour la future épouse. Sans cela, point de mariage. Et la crise économique a rendu l'épreuve difficile. «Il faut savoir saisir sa chance, c'est ce que j'ai fait.» Ayman réfute tout argument intéressé. «Ce n'est pas une relation à sens unique. Elle m'aime pour mon physique, ma jeunesse. Moi j'aime qu'elle m'ait appris une langue étrangère, qu'elle m'ouvre l'esprit, qu'elle m'éduque, qu'elle m'apprenne l'informatique, par exemple.» Accessoirement, le jeune homme, qui ne travaille plus, apprécie d'avoir une machine à laver toute neuve et un frigo antigivre qui font l'admiration des voisins. Le mariage, avant tout un pacte social «Cela crée des jalousies. Les jeunes veulent tous suivre cette voie. Ils ne connaissent plus la valeur du travail», s'inquiète un vieil homme, soucieux de l'ampleur prise par le phénomène. A en croire certains habitants de la rive ouest de Louxor, l'argent des «old ladies» représenterait la première source de revenus à Gourna et Jazira. L'évocation d'une analogie avec la prostitution indigne. «ça n'a rien à voir !», assène-t-on sèchement. En Egypte, le mariage, loin d'être un engagement amoureux, est avant tout un pacte social et économique, une vraie entreprise, dont la finalité est plus reproductive que sentimentale. Il s'établit sur des bases financières discutées entre le père de la fiancée et le promis avant d'envisager la rédaction du contrat de mariage. «Là, c'est pareil», affirme Mahmoud avec une fausse candeur. A 18 ans, le jeune homme, rencontré sur le bac qui relie les deux rives, rêve lui aussi de trouver son étrangère. Mais n'exclut surtout pas de prendre dans la foulée une deuxième épouse égyptienne, de son âge, «pour avoir des enfants». En attendant, il aborde la moindre touriste solitaire en vue. «C'est une vraie chasse au trésor», note, amusé, un Occidental résidant à Louxor. Serrés sur les bancs du bateau, les habitants de Jazira regardent sans les voir ces couples disparates. La plupart d'entre eux sont obligés de cumuler les emplois. La viande reste exceptionnelle dans leurs assiettes. Leurs maisons, sommaires, sont plantées au bord de la route sur laquelle défilent chaque jour des milliers de touristes en cars climatisés. «Quand un Egyptien épouse une étrangère, c'est toute la famille qui en bénéficie, reprend Mahmoud. Le niveau de vie s'élève pour tout le monde.» D'ordinaire si conservatrice et pieuse, la société ferme les yeux. Personne ne pose de questions. Chacun y trouve son compte, explique-t-on avec gêne, certains vont même jusqu'à affirmer qu'en cas de mariage entre deux jeunes de la rive ouest, les parents de la promise préfèrent souvent s'assurer de la présence d'une première épouse étrangère pour assurer le confort de toute la famille. A la sortie du bac, assis à la terrasse d'une buvette, une Européenne permanentée, aux épaules cramoisies, et un jeune en galabeya claire partagent amoureusement une table. Personne autour ne semble prêter attention. A deux pas de là, une pancarte en anglais indique la présence d'un cabinet d'avocats, spécialisé dans le «droit pour étrangers». Car pour pouvoir passer du temps ensemble, à l'hôtel, ou sous le même toit, les couples doivent produire un certificat de mariage. Nombreux sont les avocats qui acceptent alors de rédiger des contrats orfis. Sans valeur réelle, ces certificats de complaisance contresignés par l'avocat affirment que le couple est marié, aux yeux de Dieu. Cela suffit pour sauver la morale : les propriétaires ou les hôteliers se contentent de ce bout de papier. Les choses se compliquent en cas de litige : le orfi n'ayant aucune valeur légale, une femme ne peut pas, par exemple, réclamer son dû en cas de séparation. A Louxor, de nombreuses histoires circulent ainsi sur des étrangères trop crédules. «Une fois plumées, elles sont rejetées par tout le monde», raconte Bernadette, qui en voit repartir, désespérées, vers leur pays d'origine. Rares sont celles qui vivent ici à l'année. La plupart d'entre elles viennent plutôt passer l'hiver au soleil, après avoir épargné pour financer la construction d'une maison, ou l'achat d'un magasin. Ainsi, le jeune homme rencontré par Vicky et Mary, les Britanniques, n'a pas caché son rêve d'avoir un jour son propre hôtel. «J'aimerais pouvoir l'aider», ajoute Mary, alors qu'il téléphone avec son portable dernier cri, cadeau d'un «ami», touriste de passage. «Tout le monde va vers l'argent facile» Selon Hamada Khalifa, propriétaire d'un hôtel sur la rive ouest, c'est l'état catastrophique de l'économie locale qui est en cause. «Louxor fait vivre toute l'Egypte avec le tourisme. Mais, localement, les gens n'en retirent pas de bénéfices. Il n'y a pas d'investissement gouvernemental, pas d'usines. L'Etat agit comme si le tourisme était une ressource suffisante.» Et de rappeler qu'à six euros l'entrée sur les sites touristiques, et à raison de 5 à 10 000 visiteurs par jour, c'est une marée d'or qui passe tous les jours sous le nez des habitants de la région. La vogue des mariages avec les étrangères âgées, dit-il, a pris de l'ampleur depuis dix ans. «La guerre du Golfe a précipité le retour des travailleurs émigrés dans le Golfe. Beaucoup d'hommes sont rentrés, ce qui a tari une source de revenus.» Parallèlement, l'Egypte a changé de cible touristique. Aux touristes individuels, sac à dos et bohème, qui visitaient le pays ont succédé les «Novotel Ladies». Différence de statut, différence de budget. L'équation est simple, la réponse aussi : «Tout le monde va vers l'argent facile», explique un chauffeur de taxi, pestant contre ces jeunes «aux belles voitures, qui fument des cigarettes étrangères et dépensent des millions pour leur maison, alors que je trime comme un âne». La nuit tombe sur Louxor. Les flots du Nil s'épaississent, bleu pétrole. Les touristes finissent leurs promenades en felouque, promettent au capitaine de revenir le lendemain. Dans les pubs à l'anglaise, en ville, des jeunes s'assoient au bar, en attendant leurs proies. Certains hôtels leur interdisent l'accès, n'acceptant que les couples déjà formés. Sur la corniche ou dans le souk, le touriste se fait interpeller. A celui qui prête l'oreille, on propose tout. Drogues, hommes, femmes, et même jeunes adolescents. «Louxor est une zone de non-droit», reconnaît un étranger. «L'endroit où celui qui veut peut faire du fric», répond un Egyptien. L'Etat, lui, préfère fermer les yeux. A Louxor, terre des pharaons, l'argent est roi. (1) Le nom a été changé.

Conditions de circulation entre ville de Haute-Egypte

Conditions de circulation entre ville de Haute-Egypte

Informations données par Sara du "Maxime" de Louxor : Bonjour Pascal, Il se trouve que depuis le 1er janvier tout vehicule (taxi, limousine, mini-bus) qui doit sortir de Louxor avec de touristes doit OBLIGATOIREMENT presenter un document signe de la police touristique (nom en arabe ''tasria'') comme c'est le cas depuis des annees pour revenir d'Hurghada a Louxor et pour aller d'Assouan a Abu-simbel. Ce ''tasria'' est gratuit mais bien sur contraignant pour les chauffeurs de taxi et limousine qui attrapent souvent leurs clients soit a la sortie des hotels soit en ''raccolant'' donc pour eux plus possible de sortir de la ville sans ce permis emis de preference par une agence de voyage precisant qui sont les clients, a quel hotel sejournent ils et ou vont-ils..... L'agence de transport avec laquelle je travaille ne m'a pas cachee que ce permis va bien sur devenir payant et si c'est 60le comme pour abu-simbel ajoute au prix de la course a Esna par exempe le prix pour le client double tout simplement. Je vous tiens informe. Sara